2012 pourrait-elle être l’année de l’avènement d’un candidat anti système ?

Après la tendance sécurito-identitaire en 2007, c’est bel et bien la mondialisation qui a pris les rênes de la Présidentielle de 2012. Mais cette notion a-t-elle le potentiel pour faire élire/ battre un candidat ?

Enfin, après le creux idéologique causé par la fin de la guerre froide, l’idée d’une alternative à la société néolibérale a fait des émules. Cette mouvance a la particularité de rassembler les militants de tout bords politiques. Des frontisto- conservateurs, qui perçoivent la mondialisation comme une aliénation identitaire et industrielle (fin des frontières, immigration de masse, multiculturalisme, désindustralisation) ; aux « gens de gauche » déçus par la « gauche du travail » et souhaitant revenir à un socialisme de souche. La mondialisation est avant tout perçue comme la déréglementation des flux et des frontières engendrant une interdépendance entre les Etats et les forces du marché, de plus en plus gangrenée par la finance internationale.

C’est tout d’abord l’Europe qui est pointée du doigt par ces révoltés du mondialisme. Avec sa glorification du libre échange et la force coercitive de ses traités, l’Union européenne (UE) affole. Que ce soit en raison des délocalisations qu’elle facilite en prônant une concurrence pure et parfaite entre les Etats membres ainsi qu’en raison de sa haine du protectionnisme national, perçu comme déloyal à l’égard des nouveaux arrivants de l’organisation supranationale. Cette grande idée européenne perçue auparavant comme l’aboutissement d’un humanisme et d’un progressisme abouti, n’a donc pas survécu à son alliance objective avec les forces du marché. Que ce soit le « Front national » à l’extrême droite, « Debout la République » au centre-droit, Montebourg au parti socialiste , Chevènement au centre-gauche ou le « Front de Gauche » à l’extrême gauche, tous s’accordent à dire que l’intégration européenne doit avant tout être revisitée afin d’éviter une catastrophe. Pour la première fois, malgré des sensibilités différentes, les deux extrêmes sont réunis sur un enjeu politique majeur.

L’enjeu industriel est également rassembleur à l’égard de ces différentes forces politiques. En effet, l’ensemble de ces partis s’inquiètent de la mise en concurrence effrénée des salaires mondiaux, engendrée par le diktat du néolibéralisme. Cette non-compétitivité française face aux plus faibles coûts du travail de pays moins favorisés, n’entraîne pas pour autant une vaste remise en question du modèle social français parmi ces adhérents à la cause antimondialiste. C’est au contraire, un renforcement de l’Etat-providence qui est prôné par cette force politique (hausse du salaire minimum, augmentation des minimas sociaux ect). Pourtant cette incohérence ne peut fonctionner qu’avec une refonte totale du système, à savoir un isolement industriel Français et ce qui est considéré comme un « repli sur soi national » n’est qu’une tentative de survie pour ces militants, persuadés de pouvoir échapper à la terreur des délocalisations, générant sans cesse plus de révoltes et de chômage.

Enfin, c’est également la finance, et le système bancaire en général qui est pointé du doigt comme étant à l’origine des maux touchant à notre société. Tous ces politisés s’accordent à dire que la spéculation financière, unanimement contestée depuis la crise des subprimes, doit être réglementée d’une manière drastique. Et pour la première fois dans l’histoire politique récente, une figure importante d’un parti politique français, Arnaud Montebourg, a délibérément proposé une « mise sous tutelle des banques » lors d’une campagne, mesure qualifiée pourtant de « bolchevique » par Jean-François Copé, un des barons de l’UMP.

Mais cet antilibéralisme décomplexé n’est pas sans failles. En effet la question de l’immigration et de la monnaie unique restent des points de divergences. Seule la droite antilibérale considère en effet la variable des flux humains comme une partie intégrante des vices du mondialisme. Cette idée alimentée par le renouveau du nationalisme identitaire reste fondamentalement condamnée par l’extrême gauche, qui juge cette vision de la France réactionnaire, voir fasciste. La question de l’euro fait également débat, mais pour la première fois cette critique pourtant traditionnellement rattachée à la droite, a vu l’arrivée de nouveaux adhérents, tels le centre droit avec Nicolas Dupont-Aignan et plus surprenant encore, avec la gauche de Jean-Pierre Chevènement.

Cette division reste une « épine dans le pied » pour cette mouvance qui souffre de l’absence d’un candidat unique, car en effet l’adage « diviser pour gagner » ne s’applique guère à une élection de l’ampleur des élections présidentielles. 2012, à suivre…

Nathan Cahn

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky

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