L’UMP prépare la riposte ?

On en entend beaucoup parler ces derniers temps.  La « Cellule riposte » de l’UMP s’organise et suscite quelques réactions, rarement enthousiastes. Mais est son rôle exact et qui sont ses membres ? Explications sur ce qui est qualifié de « cabinet noir » par l’équipe de François Hollande.

La « cellule riposte » a été mise en place par l’UMP pendant les Primaires socialistes. Les cadres du parti majoritaire se plaignaient alors de ne pas pouvoir s’exprimer contre certaines des idées véhiculées lors des débats socialistes. L’UMP désigne alors Brice Hortefeux, conseiller spécial de campagne de Nicolas Sarkozy, pour encadrer cette équipe composée d’une vingtaine de personnes.

Le parrain de Jean Sarkozy peut compter sur le soutien des plus fidèles de Nicolas Sarkozy : la très/ trop médiatique ministre Nadine Morano, Benoist Apparu, Laurent Wauquiez, Thierry Mariani ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet. Les députés Sébastien Huygue et Franck Riester rejoignent Guillaume Peltier, chargé lui d’analyser les sondages pour l’UMP pour compléter l’équipe de la cellule. Ces informations ont été fournies par Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l’UMP et dont l’ascension politique est de plus en plus évidente. Sur Europe 1, elle a démenti les allégations de Pierre Moscovici, qui parlait d’un « cabinet noir ». Elle a assuré que la cellule ne « laisserait rien passer » et qu’elle avait pour vocation de « démonter quasi-systématiquement les initiatives, les déclarations et les attaques » venues du camp socialiste.

Brice Hortefeux, plus serein dans sa réaction, préfère parler de « pédagogie. On examine les attentes des Français, on explique la politique du président de la République et on met la loupe sur la vérité du candidat socialiste ». Voilà comment l’ancien ministre de l’Intérieur explique le fonctionnement de la cellule, qui se réunit deux fois par semaine depuis le début de l’année.

Brice Hortefeux, directeur de la « cellule riposte »

La réponse du PS

Créée sous l’impulsion de Jean-François Copé, l’équipe s’active ces dernières semaines. Elle a notamment distribué 3 millions de tracts anti-PS, dans lesquelles ils dénoncent le « laxisme sidérant » du parti. La polémique née suite à l’imitation décriée de Nicolas Sarkozy par François Hollande a été initiée par ce groupe (pour rappel, le candidat socialiste avait qualifié de « sale mec » le chef de l’Etat, provoquant un tollé à droite). La cellule s’empare donc de thèmes majeurs de la campagne comme les impôts, la retraite ou l’éducation, en examinant de manière critique les alternatives proposées par le Parti socialiste et leur crédibilité.

Le PS, justement, se défend. Bernard Cazeneuve, porte-parole de François Hollande, indique que les socialistes « répondront au coup par coup ». Mais le parti à la rose ne se contente pas d’encaisser les coups. Ainsi, Delphine Batho, député des Deux-Sèvres et autre porte-parole de campagne du socialiste, raille Nadine Morano, qui selon elle « en fait trop. Son zèle dans la cellule riposte de l’UMP est inversement proportionnelle à son efficacité comme ministre ». Elle en profite pour mettre en lumière un bilan « parfaitement inexistant » de la ministre lorraine en tant que secrétaire d’Etat chargée de la Famille, de 2008 à 2010.

Pierre Moscovici s’est trompé en parlant de « cabinet noir », il serait plutôt gris clair au vu des actions réellement menées par la cellule incriminée. Seule certitude, les campagnes présidentielles se professionnalisent, d’un côté comme de l’autre, et des attaques sous la ceinture pourraient bientôt survenir…

Florian De Paola

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