Christiane Taubira, relents de « l’angélisme gauchiste » ?

Christiane Taubira, relents de « l’angélisme gauchiste » ?

Femme politique guyanaise, Christiane Taubira est très peu connue du grand public. Cette politicienne effacée fut pourtant la grande surprise du premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Sa place au sein d’un ministère régalien a suscité l’étonnement des analystes, pessimistes quant aux compétences réelles de cette nouvelle résidente de la place Vendôme. Nombreuses ont d’ailleurs été les personnalités publiques choquées quant à cette désignation. Indépendantiste, communautariste, naïve, complaisante, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier cette habituée de l’Hémicycle.

Mais pourquoi cette nomination engendre t-elle tant de remous ?

  • Une ancienne indépendantiste, autrefois hostile à la notion d’intégrité du territoire national

Christiane Taubira a tout d’abord commencé sa carrière politique au sein d’un parti politique indépendantiste guyanais. Ce passif républicain (sur le principe de la République « une et indivisible »), certes lointain mais bien réel, n’est pas sans incidence sur le plan de la légitimité. L’idée de voir une femme hostile à la métropole représenter le pouvoir judiciaire central n’est pas sans questionnement. Même après son intégration au sein du Parti socialiste, cette femme de loi a défendu les valeurs véhiculées par un parti dénommé Walwari, spécifique à la Guyane. Du séparatisme au régionalisme, les arguments ne manquent pas pour soupçonner l’absence réelle ou supposée de patriotisme, ou plutôt de fidélité au drapeau bleu-blanc-rouge dans l’activité politique de Madame Taubira.

  • Communautariste ou mauvaise historienne ?

Taubira est également le nom d’une loi que la ministre de la Justice a élaboré et fait adopter quelques années auparavant. Ce texte qu’on pourrait qualifier de loi « mémorielle » prône sur le modèle de la Loi Gayssot (réprimant le négationnisme), la lutte contre la négation de l’esclavage des noirs. Or, cette loi néglige l’importance que prit l’esclavage en tant que vecteur de rentrées financières au sein des royaumes arabes, voire même africains eux-mêmes. Cette falsification historique au profit d’un apaisement entre les communautés « issues de l’immigration » est une preuve de plus, de la volonté affichée de Christiane Taubira de jouer sa partition, toute personnelle, du « vivre ensemble ». Sa marginalisation au sein du socialisme français s’est vue illustrée notamment de par son opposition, en 2004, à l’interdiction du port du foulard dans l’enseignement. Ce texte législatif est pourtant fondamental dans le combat contre l’emprise des communautés dans l’espace républicain.

  • Un angélisme judiciaire inapproprié

Une de ses premières propositions de réforme consiste à proposer la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs. Ces instances réservées à des mineurs récidivistes et plongés dans une délinquance de grande importance (au moins trois ans de prison) démontre la volonté de la ministre de délibérément replonger dans le « culte de l’excuse », conviction qui a pourtant porté préjudice à la crédibilité des idées de gauche ces dernières années. L’irresponsabilité de ces mineurs est donc accrue, dissimulant volontairement un large pan des comportements délictueux/criminels que peuvent commettre ces victimes auto-proclamées de l’exclusion, qui n’auraient d’autre choix que celui de l’illégalité pour survivre.

La suppression des peines-planchers, symboles même de la sévérité pénale héritée du mandat de Nicolas Sarkozy sont également remises en causes, permettant l’exercice d’une forme de pouvoir discrétionnaire par les magistrats, dont il est à craindre que la lecture de certains évènements trouve sa source dans un laxisme peu soucieux du droit de chacun de vivre dans un monde sans violence.

Quoiqu’il en soit, on comprend désormais plus aisément la présence de Manuel Valls place Beauvau, en établissant en contrepoids une image plus sécuritaire de la gauche, ce afin de témoigner aux inquiets que le laxisme juridique ne sera pas la norme en tout.

Nathan Cahn

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky
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