Claude Guéant redoute une « chasse aux sorcières »

L’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant et candidat aux législatives dans la circonscription de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) redoute une « chasse aux sorcières » au sein des services de l’Intérieur. Il réagissait aux probables départs de Frédéric Péchenard et Bernard Squarcini, respectivement « patrons » de la Police nationale et du Renseignement intérieur.

Lorsque les journalistes de La Matinale sur Canal + demandent à Claude Guéant si les solides rumeurs de départ des deux hauts fonctionnaires précités constitue une forme de chasse aux sorcières, sa réponse fuse : « Ca y ressemble« . Les deux proches de Nicolas Sarkozy pourraient quitter leurs fonctions dès mercredi par décret lors du Conseil des ministres. « Il paraît qu’ils étaient trop proches du pouvoir. Il me semble normal que les directeurs généraux ou les directeurs d’administration centrale soient loyaux à l’égard du pouvoir légitime qui est en place » a commenté l’ancien ministre de l’Intérieur. « Je voudrais rappeler que ce sont de très grands serviteurs de l’Etat, de très grands policiers qui ont rendu d’énormes services à la France » poursuit Claude Guéant.

Xavier Bertrand avait lui aussi jugé ce dimanche sur le Forum Radio J que « la chasse aux sorcières commence« , craignant également que « ce ne soit que le début. François Hollande l’avait dit, certains ne l’avaient pas pris au sérieux mais nous si« . L’ancien ministre du Travail, de l’Emploi et de le Santé fait référence aux propos tenus par François Hollande en février, jugeant qu’un « Etat UMP » était installé et jugeant qu’un « vrai système » était en place au sein du ministère de l’Intérieur. François Hollande avait déclaré : «  »Aucun de ceux qui aujourd’hui exercent des responsabilités et qui sont loyaux n’ont à s’inquiéter mais, en revanche, ceux qui sont liés à ce système auront forcément à laisser la place à d’autres« .

Deux personnalités controversées

Frédéric Péchenard et Bernard Squarcini ont souvent été mis en lumière ces derniers mois, bien malgré eux. Frédéric Péchenard, considéré comme un « grand flic » par ses pairs, est devenu directeur général de la Police nationale suite à l’élection de Nicolas Sarkozy, en juin 2007. Le 9 septembre 2011, il a avoué sur les ondes de France Inter qu’il avait lui-même demandé à la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) d’identifier le haut fonctionnaire qui avait livré des informations sur l’affaire Woerth-Bettencourt à un journaliste du quotidien Le Monde, sans toutefois être mis en examen. Bernard Squarcini, surnommé « l’espion du président » en coulisses, a quand à lui été mis en examen pour « collecte illicite de données« , « atteinte au secret des correspondances » et « recel de secret professionnel » en octobre dernier. Il n’avait pas démissionné de ses fonctions.

Selon une source policière, le départ de Bernard Squarcini serait avant tout une « mesure symbolique« . En effet, la gauche a souvent dénoncé la proximité entre le directeur du Renseignement intérieur et le pouvoir en place pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. En ce qui concerne Frédéric Péchenard, certains l’envoient à la tête d’une mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie ou encore à l’Inspection générale de l’administration.

Florian de Paola

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Un jour pas si éloigné, un professeur d'histoire m'a dit "la politique et l'Histoire, c'est qu'une question de pouvoir, de sexe et d'argent". Arguments convaincants qui m'ont rapidement transmis le virus.

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