PS : ce qui s’est vraiment passé à Toulouse

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Six mois après la victoire aux présidentielles, quel est l’état du Parti Socialiste, ce parti tant de fois déchiré et qui a couru après la victoire suprême pendant plus de 20 ans ? Retour sur le congrès de Toulouse.

Ce weekend à Toulouse avait lieu le 76ème congrès du Parti Socialiste. Toulouse, ville ô combien symbolique pour les socialistes : au congrès de 1908, Jaurès y avait pris la SFIO ; au congrès de 1985, le PS avait entériné son caractère social démocrate ; enfin, le 2 mai 2012, la ville Rose avait été le cadre du dernier meeting de François Hollande, clôturant une campagne qui allait l’envoyer à l’Elysée.

Tous ces symboles en permanence rappelés le long de ces trois jours sous tendaient la volonté de faire du congrès de Toulouse l’avènement du rassemblement après le tragique congrès de Reims de 2008. Rassemblement il y a eu, arrêtons nous donc un instant sur ce qui est passé un peu plus inaperçu au sein du parc des expos de Toulouse.

La subsistance de discordes internes.

Derrière le rassemblement affiché par tous et relayé dans la presse certaines dissonances doivent être soulignées. Harlem Désir pourtant soutenu par l’ensemble du gouvernement et catapulté par Martine Aubry à la tête du parti avant même les élections n’a réuni que 72% des votes de militants. Un score certes élevé mais bien loin des 91% rassemblés en son temps par François Hollande suite à la victoire des législatives de 1997. Au lendemain de la victoire présidentielle, tous les militants n’ont pas donné leur soutien inconditionnel au gouvernement et les partisans d’une ligne gauchistes n’abandonnent pas leur combat. C’est Marie-Noëlle Lienemann qui ce week-end a incarné la fronde anti social-démocrate en se faisant applaudir au cours d’un discours vindicatif durant lequel elle prenait position en faveur des nationalisations… Une mesure même pas envisageable pour le gouvernement. Des voies se sont également fait entendre sur la forme de ce congrès qui au nom du rassemblement a écarté toute sorte de débat d’idées. Emmanuel Maurel fort de ses 27 % de l’élection du premier secrétaire s’est fait le défenseur de l’engagement partisan et de l’indépendance du parti face au gouvernement.

Qui sera Harlem Désir à la tête du PS ?

Des positionnements bien sur éclipsés par le discours attendu de Harlem Désir. Que retenir de ce discours ? Trois points peuvent être soulignés :

  • La volonté d’imposer la parité au sein du parti et pour les élections locales.
  • La prise de position en faveur du non cumul des mandats, applaudie bien plus paar les militants que par les élus présents dans la salle.
  • La validation du principe de primaires pour les élections municipales dans les grandes villes. Un sujet cher aux militants qui s’était jusque là heurté à un refus de Solférino.

Ambition quand tu nous tiens.

Enfin, en coulisse, en sous main, le congrès de Toulouse a été le cadre de l’affirmation d’ambitions personnelles. Samedi Manuel Valls quitte l’estrade sous un tonnerre d’applaudissement après un discours aux allures de meeting. Mais à la différence de nombreux ministres pour le ministre de l’intérieur le congrès de Toulouse ne se résuma pas à un discours de dix minutes. Présent tout le long du week-end parmi les militants le quatrième homme des primaires était bien là pour transformer en réseau partisan sa nouvelle popularité médiatique.

Que dire également de Martine Aubry pour qui ce congrès était tout sauf synonyme d’adieu ? Citée au moins autant voir plus par les intervenants que Jean Marc Ayrault, son travail à Solferino a été unanimement salué comme facteur de la victoire du 6 mai. Son discours entonné samedi après-midi sonnait d’avantage comme un discours de politique générale que comme un bilan, les ambitions ministérielles de la maire de Lille ne sont pas loin… Reste de vieilles rancunes, l’arrivée triomphale dans la salle plénière de la femme des 35 heures à la fin du discours de Ségolène Royal a relégué au rang de simple baron local la présidente de la Région Poitou-Charentes.

Ajoutez à cela les tractations incessantes pour l’établissement de la liste du conseil national qui ont occupé tout le weekend les esprits des tenants des multiples motions, courants, chapelles et sous chapelles d’un Parti Socialiste Kafkaïen et vous aviez à Toulouse tous les ingrédients d’un congrès « normal » de discorde. Mais chut ce weekend c’était « rassemblement. »

Romain Halbfisch

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