Marre des débats de société

Mariage pour tous, PMA, Burqa, Halal … Les débats de société ne finissent pas de noyer la France sous les torrents permanents des débats médiatiques. À en croire le vote rapide la semaine dernière des députés anglais à l’égard de l’union civile homosexuelle, les français seraient pré-disposés à faire durer, encore et encore, les oppositions culturelles et idéologiques à l’encontre de la politique sociétale. 

Mais qui sont les réels responsables ? Les médias ? Il est vrai qu’au regard des unes chocs de plusieurs grands magazines francophones, que les dossiers relatifs à ces sujets sont monnaie courante. On se rappelle par exemple des débats relatifs à la place de l’islam en France, et notamment celui du port du voile intégral, véritable VIP dans les débats télévisuels. Pourtant ce projet de loi, aussi louable soit-il, ne concernait qu’à peine 2000 femmes.

Mais c’est aujourd’hui le « mariage pour tous », qui nous noie dans les confrontations idéologiques. Véritable «Mur de Berlin» de l’information, sa médiatisation effrénée a totalement effacé des radars de l’information des épisodes cruciaux de la politique de notre pays, de l’accord salariés/patrons au prix de la guerre au Mali en passant encore par les plans sociaux en vigueur. Sans remettre en cause le bien fondé de ce projet, il serait temps que les médias se reprennent en main afin d’épurer l’actualité véritable du buzz, qui empoisonne la qualité de notre journalisme.

Il est vrai que comme toute entreprise, les véhicules d’informations réfléchissent dans une optique mercantile. Or, la polémique liée aux débats sociétaux reste plus vendeur, et surtout plus facile d’accès, qu’un débat de fond sur une loi de finance ou sur une réforme salariale. Cependant, dans une période où 54% des français remettent en cause la crédibilité de nos informations (selon le baromètre du journal La Croix), une restructuration complète du milieu journalistique, et en particulier du secteur audiovisuel, serait apte à améliorer cette perception populaire. Car renforcer sa qualité en terme de média, c’est prendre avant tout le risque de déboussoler son client. Remettre à sa juste place les débats sociétaux serait un objectif juste et louable, qui sauverait la réputation d’un secteur déjà fragilisé par ses travers.

Même s’il en a toujours été ainsi. On se rappelle notamment des débats sur l’avortement, la peine de mort, ou encore la contraception dans les années 1970-1980. Il serait juste de s’affranchir de ce particularisme français, au profit d’une information plus anglo-saxonne, à savoir plus tournée vers l’essentiel. Cependant, cette situation n’empêche pas plusieurs de nos médias, et en particulier la presse écrite (Le Monde faisant figure de proue), de s’affranchir de cette tradition.

Enfin, sous l’impulsion de plusieurs think-tank (en particulier Terra Nova), la gauche française a également sa responsabilité dans ce constat. Son passage en 1983 du socialisme à la social-démocratie, et son adhésion aux théses néo-libérales, a fait en sorte que sa ligne de démarcation à l’encontre de la droite nationale ne se fasse que sur le terrain des faits de société, alimentant de facto, sa politique de ces débats sans fin.

Espérons que le débat à venir sur le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections municipales sera l’avènement d’un bouleversement culturel. Et que les débats enflammés laisseront place à des discussions calculées sur le temps et l’intensité.

Nathan Cahn

 

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky

Une réponse à “Marre des débats de société” Subscribe

  1. Jeremy Hureaux 11 février 2013 at 23 h 08 min #

    Empoissonne ou empoisonne ?
    (les deux me vont bien ;-))

    Merci pour l’article, intéressant

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