Que signifie être de gauche aujourd’hui ?

Qu’est-ce que signifie être de gauche aujourd’hui ? Au delà de cette vaste entité hybride et politique se cache le malaise de toute une génération, déboussolée par l’anomie qui les submerge, depuis les déceptions apportées par les 100 jours de la présidence de François Hollande.

Peu désireux de retomber dans le piège de la rigueur des années Mitterrand, le peuple de gauche semble s’offusquer des pratiques politiques d’un président qui regarde le socialisme dans son rétroviseur. Hausse de la CSG, franchises médicales, augmentation relative des fonctionnaires, TVA relevée, le hollandisme ne fait pas rêver, et semble être plutôt rétrogradé au rang de sarkozysme light. Alors que le PS avait promis d’éviter au possible « le sang et les larmes », la crise semble avoir donné raison aux tenants de l’austérité, déterminés à aseptiser les clivages droite/gauche au profit de la remise en l’état des comptes publics. La ratification récente du traité de stabilité européen semble être la concession de trop pour des électeurs abasourdis de voir leurs représentants dénigrer une promesse de campagne, ainsi que la pérennité de la politique sociale nationale, au profit d’une rationalité budgétaire, totalement déconnectée des aspirations d’une jeunesse à bout de souffle. Les démantèlements des camps de roms et le mépris du droit d’ingérence à l’égard des peuples opprimés, sont considérés comme des crachats à l’encontre d’une jeunesse investie dans l’avènement d’une cohésion sociale planétaire.

Cette social-démocratie dont le PS est le garant, ne semble que s’intéresser aux questions sociétales (droit de vote des étrangers, mariage homosexuel), bien plus lucratives et médiatiques, que les réformes structurelles. Ces bouleversements qui seraient pourtant bien favorables à un prolétariat oublié par la boboïsation effrénée d’une gauche militante, détachée des véritables sujets. Car la gauche moderne a oublié ses électeurs d’origine, cette pauvreté abyssale qui gonfle les voix des extrêmes de tout bords, de Mélenchon, comme de Marine Le Pen.

La jeunesse n’a donc plus qu’une solution, se lever contre l’emprise d’une caste politique éduquée à l’ENA, dont la règle du non cumul des mandats (autoroute de choix pour le renouvellement générationnel de l’hémicycle) est une tare à éviter à tout prix. Elle doit également lutter, contre une Europe, qui se cache derrière l’alibi de l’amitié entre la France et l’Allemagne, pour imposer des directives ultralibérales, à l’origine des délocalisations en masse, qui favorisent l’émergence d’une ultra droite qui nous amènera à terme dans une situation de chaos. Car cette jeunesse est belle et militante, et sa pureté idéologique doit nous amener à redéfinir les règles de notre contrat social commun, afin que la cohésion entre les communautés ne soit plus une lubie.

Être de gauche semble donc consister en une opposition rationnelle et humaine à l’égard d’un libéralisme qui nous a abandonné dans ses excès, réfugié dans une Europe technocrate, dont l’idée fédérale sera la « fossoyeuse » de nos acquis sociaux. Être de gauche, c’est aussi s’opposer aux dérives sectaires et religieuses, sans pour autant tomber dans la dénonciation facile à l’égard des plus faibles. Être de gauche, c’est aussi revoir notre définition du partage, en ne cédant pas aux pressions des lobbys (cf l’affaire des « pigeons ») et à la pression des beaux quartiers. Une redistribution efficace et mesurée qui garderait sa primauté, au détriment de la hantise du déficit public. Être de gauche, c’est aussi de ne pas oublier les ouvriers, asphyxiés par le principe de libre concurrence, dont les ratifications des derniers traités européens ont été la traîtrise de trop. Enfin être de gauche, c’est avant tout laisser sa place, afin que les plans de carrière ne soient pas des obstacles insurmontables pour une jeunesse qui ne rêve que d’une chose : se faire entendre.

Nathan Cahn

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky

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