Vers une Union Alénienne ?

C’était un jour important pour la politique nationale des États-Unis. Mercredi 13 février, Barack Obama faisait le traditionnel discours sur l’État de l’union, face au Congrès ; exceptionnellement dans ce régime à la séparation stricte des pouvoirs, le président expose sa feuille de route pour l’année à venir, et les grandes réformes qu’il souhaite entreprendre.
Le président a fait plusieurs vœux, notamment ceux sur la limitation de la vente d’arme. Une annonce qui a retenu l’attention presque exclusive des médias. Mais dans ce discours d’une heure, d’autres points ont été développés, principalement de politique intérieur, mais également de politique internationale comme la réaction ferme au 3ème essaie nucléaire nord-coréen.
Barack Obama a ensuite annoncé le lancement de négociation pour la mise en place d’une zone de libre échange entre les Etats-Unis et l’Europe. Projet largement soutenu par la Chancelière allemande, et le chef de cabinet britannique qui, depuis longtemps déjà, œuvre pour ce rapprochement.
Mais qui dit marché commun, dit règles communes, notamment en terme de normes sur les produits alimentaires. Or, les Etats-Unis et l’Europe ont deux visions différentes de ce domaine ; en effet, aux Etats-Unis, les compagnies agroalimentaires exercent un pouvoir tel que la réglementation est outrageusement en leur faveur.
On pourrait citer, à titre d’exemple, celui du maïs. En effet, le maïs américain est tellement subventionné que le marché est complètement faussé, est ainsi tous les produits tels que la viande de boeuf (oui, oui aux Etats-Unis les vaches mangent du maïs), les biscuits, les céréales… sont à des prix ridiculement bas. Ainsi, il est devenu bien plus rentable de se nourrir avec des aliments bourratifs, pleins de graisses, qu’avec des légumes qui ne sont pas subventionnés et qui donc coûte bien plus cher.
Mais cela n’est pas l’unique conséquence. En effet, les cultivateurs mexicains dans le cadre de l’ALENA, ne pouvait pas rivaliser avec ce maïs transgénique, ultra-subventionné.
Il ne faut pas ensuite s’étonner de voir qu’une partie non négligeable des personnes en situation irrégulière aux Etats-Unis soient d’anciens cultivateurs de maïs.

Des choix à faire
Ainsi, la question d’un marché commun entre Etats-Unis et Union Européenne pose en réalité une multitude d’autres questions qui pourraient remettre en cause profondément notre société, tel que voulons-nous manger des produits OGM alors que ceux là ne sont pas étiquetés ? Ou alors quel mode d’élevage d’animaux choisissons-nous ? Ou plus largement, quel choix de société, quel modèle choisir ?
Au vue de l’influence que peut avoir la première puissance mondiale dans le cadre du marché commun nord-américain, nous sommes en droit de nous demander si le marché commun prôné par le président Américain n’aura pas le même effet sur l’Union Européenne.

Ossama Benyelles

 

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