Barack Obama, du président au candidat

Le président Obama a promis hier soir, mardi 25 janvier, d’utiliser davantage le pouvoir de son gouvernement afin d’équilibrer la balance entre l’Amérique des riches et celle des pauvres. Barack Obama a également raillé les « politiques irresponsables du passé qui ont causé un effondrement économique ». Pour les observateurs attentifs des questions politiques aux Etats-unis, il s’agit là d’un choix électoral à observer plus attentivement qu’on ne le supposerait de prime abord.

Neuf mois avant l’échéance électorale, le président Obama a livré une feuille de route en vue de l’élection présidentielle : ce sera un combat affirmé contre « l’Amérique des riches ». Face à un Congrès où ses adversaires républicains sont en position de force,  Barack Obama affirme vouloir augmenter la fiscalité sur les ménages les plus fortunés, afin de « présenter les plans d’une économie construite pour durer ».

« Nous pouvons soit nous contenter d’un pays où un nombre de plus en plus faible de gens s’en sortent bien, pendant qu’une part croissante des Américains s’en sortent tout juste, a-t-il déclaré. Ou nous pouvons rétablir une économie où tout le monde a une chance, où tout le monde fait son dû, et tout le monde joue selon les mêmes règles. »

Pour ce faire, il a souhaité une réforme instituant un taux d’imposition minimal de 30 % sur les revenus des millionnaires. Une attaque frontale non dissimulée à Mitt Romney qui, en sus d’être candidat à l’investiture républicaine est aussi multimillionnaire en dollars. Mais ce ne sera pas chose simple, ce projet de grande envergure s’est déjà confronté au refus des Républicains dans le passé.

Le président Obama ne s’est pas arrêté là. D’un ton offensif, il s’en est également pris au monde la finance et en ligne de mire, la cible principale : Wall Street.Il a notamment proposé de renforcer l’arsenal juridique contre les abus caractérisés des institutions financières. Enfin, il a parlé de la nécessité d’une réforme de l’immigration et promis de ne « pas renoncer aux promesses de l’énergie propre ». Les mauvaises langues qui se souviendraient de Ségolène Royal en 2007 pourront presque croire que Barack Obama s’inspire du discours du Bourget de François Hollande… ^^

Il n’a pas fallu attendre longtemps ensuite avant que les Républicains ne réagissent, reprochant au Président Obama de parler de projets économiques tout en occultant son propre bilan en matière de chômage, qui atteint 8,5 %. Le parti conservateur a également pointé du doigt l’état des finances publiques, avec « une explosion sans précédent de dépenses », comme l’a souligné le gouverneur de l’Indiana, Mitch Daniels, dans la réponse officielle de sa formation.

Un programme complet

Revenant sur ses thèmes de campagne de prédilection en matière de rénovation de l’Amérique, le président a réaffirmé qu’une «régulation intelligente» permettrait de créer des emplois et de ressusciter l’industrie. Il a aussi parlé éducation, infrastructures et «réforme globale de l’immigration», envoyant sur ce dernier sujet un message très clair à l’électorat latino-américain. Obama a appelé à ne pas «abandonner les énergies renouvelables à la Chine ou à l’Allemagne », estimant qu’elles devraient s’avérer dans les prochaines années un berceau d’innovation technologique et d’emplois.

Barack Obama a aussi passé une bonne partie de son discours de 64 minutes à dénoncer «l’obstruction» du Congrès, autre axe annoncé de sa campagne à venir. «Washington est cassé», a-t-il dit. Il a par contraste, loué, l’engagement des militaires américains qui ne «sont pas dévorés par l’ambition personnelle et travaillent toujours de concert». C’est un des rares moments où il a été applaudi par l’ensemble du Congrès, ce qui lui a permis de reprendre :  « Imaginez ce que nous pourrions accomplir si nous suivions leur exemple», a insisté le Président, dont la quasi-totalité des projets législatifs se sont écrasés contre l’opposition républicaine, majoritaire à la Chambre depuis un an. Seul bémol du point de vue européen, Barack Obama n’a consacré que très peu de temps aux questions extérieures. Il a néanmoins promis de lutter contre les pratiques commerciales déloyales des Chinois et de continuer d’œuvrer à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. Une résolution «pacifique» est encore possible mais «toutes les options» sont sur la table.

Jordan Allouche

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