Dominique de Villepin s’invite dans la campagne

Dominique de Villepin s’invite dans la campagne

« Effrayé » et « gages à l’extrémisme ». C’est en ces termes que Dominique de Villepin a raillé la campagne du président sortant Nicolas Sarkozy. Sans aller jusqu’à donner de consigne de vote, l’ancien Premier ministre s’est prononcé clairement contre celui qui avait un jour menacé de le pendre à un croc de boucher.

Dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde, l’ancien Premier ministre revient sur le devant du Landerneau médiatique. Après une campagne de premier tour « indigente », celle du second « devient indigne » aux yeux de celui qui n’a pu concourir à la présidentielle. « Halte au feu ! (…) Mon rôle n’est pas de dire pour qui voter, car chacun doit prendre ses responsabilités », mais « le 6 mai, que chacun vote en pensant à la France et à ce qu’elle a toujours porté de meilleur, à ses valeurs de respect, de dignité et d’humanisme, parce que, en conscience, il faut bien choisir », déclare-t-il dans une tribune intitulée « La droite m’effraie, la gauche m’inquiète ».

Pas de consigne de vote donc, mais un message : lui qui se campe en garant d’une droite sociale, avertit des tentations politiques « trop droitières » qui seraient prises par le parti majoritaire. « Instrumentalisation de faits divers », « improvisation de bien des propositions » du Front national, « débauchage sans vergogne de voix extrémistes ». « Les lignes rouges républicaines sont franchies une à une », affirme l’ex-président de République solidaire. Et de dénoncer, sans jamais citer son nom, la stratégie d’un homme, celui qui fut son « meilleur ennemi » : Nicolas Sarkozy.

Contre Nicolas Sarkozy ?

La réponse semble évidente quand on connaît le contentieux politique et personnel opposant les deux hommes. Nicolas Sarkozy, de par sa fonction, n’a pas répondu aux invectives lancées par Dominique de Villepin. Ce dernier, particulièrement remonté, avait même été jusqu’à établir un parallèle entre Nicolas Sarkozy et l’ancien président américain George W. Bush : « C’est la même spirale qui a entraîné la guerre en Irak et qui nourrit l’islamisme au nom du choc des civilisations ». Et de citer en contre-exemple l’ex-président Jacques Chirac qui avait, lui, « tracé des limites claires entre la droite républicaine et l’extrême-droite ».

Le président-candidat le sait, l’ancien Premier ministre jouit toujours d’une certaine aura, notamment dans les banlieues, depuis son discours à l’ONU contre la guerre en Irak en février 2003. Un coup dur de plus pour Nicolas Sarkozy qui après Martin Hirsch, Fadela Amara, Azouz Begag et Chantal Jouanno, verrait son camp se disloquer un peu plus ? A moins que, de toute façon, la sortie du flamboyant Villepin ne soit ni évitable, ni dommageable en raison des casseroles que traîne (aussi) le personnage.

Un soutien à François Hollande ?

Pour autant, Dominique de Villepin ne soutient pas explicitement François Hollande dont il a été le condisciple à l’Ena. « Le 6 mai, quoi qu’il arrive, sera la victoire d’un homme, mais pas la victoire de la France. Tout sera à faire. Tout sera à réinventer. Nous aurons une tâche formidable devant nous : la réconciliation des Français », insiste-t-il. À ses yeux, les réponses à apporter aux « grands défis à venir » ne seront pas trouvées « dans l’idéologie ». « Le 7 mai, tout restera à faire, il faudra se rassembler pour agir », ajoute, gaullien, Dominique de Villepin. Se laissera-t-il séduire dans l’intervalle par le nouveau mot d’ordre de la campagne de François Hollande, à savoir « rassembler la gauche, les Français » ?

Jordan Allouche

En savoir plus

Tags:, , , , , , , ,

Autoproclamé "meilleur d'entre nous". Et si j'étais jaloux de M.Juppé ?
A lire aussi :

Pas de commentaires encore.

Laissez une réponse