Dominique Tibéri : Adieu Bercy !

Il y a tout juste un an,  Dominique, le fils de l’ancien maire de Paris Jean Tibéri s’était vu offrir une jolie promotion par décret ministériel, lequel octroyait un poste de « contrôleur général économique et financier » à Bercy. Mais tout ne se passe jamais comme prévu dans le monde politico-administratif, et le Conseil d’Etat a rendu une décision sans appel : annuler ladite nomination.

La plus haute juridiction de l’Etat a estimé  que « les auteurs du décret  ont commis une erreur manifeste d’appréciation en estimant que M. Tiberi présentait les aptitudes requises pour une telle nomination ». Bien que titulaire d’un doctorat en gestion, le « C.V. » n’a pas convaincu le Syndicat Parisien des Administrations Centrales, Economiques et Financières, auteur de la requête devant le Conseil d’Etat pour l’annulation du décret de nomination. Il est vrai que cette dernière avait été faite dans des conditions difficiles : c’est en s’opposant à une commission d’évaluation que Christine Lagarde, alors Ministre de l’Economie et des Finances, avait mis son nom dans le chapeau. Il est vrai aussi que la plus haute juridiction administrative, dans le rendu de sa décision, a souligné le fait que « Dominique Tibéri n’a exercé ni des responsabilités d’encadrement ou de direction, ni des fonctions d’analyse et d’expertise approfondies à caractère économique et financier ». De quoi se poser des questions quant à la légitimité de cette nomination…  Nomination qui n’avait pas mis long feu avant de mettre en ébullition l’ensemble de l’échiquier politique, l’UMP en tête de cortège.

Une nomination qui n’était pas la bienvenue

Rachida Dati s’indignait déjà en octobre sur Radio France : « Je trouve un peu choquant, de la part d’un Premier ministre […] Il a le pouvoir […] Il a reçu Jean Tibéry et a permis a son fils de se faire recruter au Ministère des finances contre l’avis du Ministère des Finances ». Cette contestation est double : Dominique Tibéri est également député sortant de la circonscription de Paris convoitée par l’actuel Premier ministre François Fillon mais aussi par… Rachida Dati, l’ancienne Garde des Sceaux. Selon elle, sa nomination à Bercy aurait donc été un moyen de laisser une place encore plus libre pour une meilleure implantation de l’actuel Premier ministre.

Le fils de l’ancien maire de Paris, quant à lui, « prend acte mais conteste » la décision du Conseil d’Etat. La C.F.D.T. de Bercy, qui elle, « se réjouit que la Haute juridiction confirme ainsi que le mode de recrutement dans la haute fonction publique soit fondé exclusivement sur des critères d’aptitude et de compétences des candidats ». L’autre grand perdant dans l’histoire, c’est l’Etat, condamné aux dépens, qui devra rembourser 3000€ au Syndicat Parisien des Administrations Centrales, Economiques et Financières, correspondants au montant des frais de justice. Entre Dominique Tibéri et Jean Sarkozy, il ne semble désormais pas bon de jouer la carte « piston familial ».

Pierre Dumazeau

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