Un petit pas pour la femme, un grand pas pour Najat

Le droit des femmes est en marche ! La semaine dernière, l’Assemblée nationale approuvait un projet de loi sur l’égalité homme-femme. Si ce projet porté par Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, n’est pas révolutionnaire, il s’inscrit cependant dans un mouvement nécessaire de renforcement des mesures préexistantes.

« Le ministère du droit des femmes ? Vous verrez, ce sera comme le ministère du temps libre en  1981, ça durera deux ans! » prophétisaient certains lors de l’annonce du nouveau gouvernement en 2012. Pourtant le ministère de Mme Belkacem n’en est pas à son premier coup médiatique. Deux ans depuis sa création, après avoir déposé le projet « d’abolition du système prostitutionnel » en décembre, l’Assemblée vient d’approuver cette nouvelle réforme. Pas si oisif le ministère !

Cette fois-ci, la réforme aborde la question du droits des femmes sur des sujets moins à la marge : avortement, représentation des femmes en politique, dans les fédérations sportives et les conseils d’administration, congés parentalité, concours de beauté, etc. … La liste est longue. Mais deux volets sortent particulièrement du lot : la modification de la loi Veil et la celle des congés parentaux.

Pour les ténors de l’opposition, « Pas touche à la loi Veil ! ».

Votée en 1975, la loi Veil autorise l’IVG pour la « femme enceinte que sa situation place dans une situation de détresse ». La nouvelle loi prévoit la suppression de la « situation de détresse » dans le texte. L’objectif ? Faire en sorte que ce soit la femme qui décide seule d’avorter ou non.

Sur les bancs de l’opposition, c’est chez le sexe concerné que ce projet trouve un écho favorable. Pour Nicole Ameline par exemple, députée UMP du Calvados, cette mention consistait à « dénier aux femmes la capacité de juger et de décider elles-mêmes ». En revanche, Christian Jacob et Jean-François Copé, eux, se sont largement opposés à un projet qui, selon-eux, ouvrirait la porte à de « nombreux abus ».

Une réforme qui modifie une « vision sexuée du travail ».

Le plus original concerne en réalité la réforme du congé parental. Pour l’économiste Hélène Périvier, l’objectif est de modifier une « vision sexuée du travail » en incitant, par exemple « davantage les femmes à investir leur carrière professionnelle, et les hommes leur vie familiale ». Comment ? En incitant les parents à prendre tous les deux leurs congés parentaux. Le projet de réforme prévoit que la longueur totale du congé serait allongée d’environ trois mois si les parents le prennent tous les deux.

Pour Najat Vallaud-Belkacem, cette réforme représente la « troisième génération de droit des femmes » en « assurant l’effectivité des droits acquis d’une part, mais aussi un travail d’éducation et de changement des comportements pour agir sur la racine des inégalités. ». L’ambition de la ministre peut paraître quelque peu démesuré au regard des moyens qu’elle se donne.

Certaines mesures, relèvent cependant du simple symbole.

Et pour cause : d’un coté, la modification de la loi Veil ne fait qu’acter des comportements déjà prégnants, et de l’autre, la parité dans les conseils d’administration a cela d’absurde qu’ils ne sont plus le lieu de prise de décision dans les entreprises. Certaines mesures relèvent donc du simple symbole, voire de la chimère.

Cependant, à lire un article publié sur le New York Times, cette réforme placerait cependant la France parmi le fleuron des autres pays en matière de droit des femmes ! Finalement, les autres réformes sociales ont fait tant de remous, que, du coup, il serait relativement malhonnête de reprocher à la ministre des droits des femmes de suivre ce fameux dicton : « Tout vient à point à qui sait attendre. »

S.B.

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