Droite paumée cherche chef avisé

Le 18 novembre nous connaîtrons le nom du nouveau président de l’UMP. François Fillon et Jean-François Copé bataillent toujours. Retour sur un duel au sommet qui tente de redessiner les contours idéologiques d’une droite en légère perdition.

Impassible derrières leur pupitre, les écoliers de la droite ont rendu leur devoir avant-hier soir. Sur France 2, l’émission «Des paroles et des actes» présentée par David Pujadas leur a permis de s’affronter. Tentant de singer un débat politique, les deux premiers de la classe ont deux heures durant cherché à crier leurs différences. Mais au pays de la droite perdue, les deux hommes s’en sont surtout tenu aux lieux communs. Scandant chacun à leur tour leur amour amour pour la France, leur sens du devoir. L’heure du pugilat n’a donc apparemment pas sonné, celle du rassemblement oui. Copé «l’organisateur» et Fillon «le rassembleur» tentent en vain de ravir le coeur des militants. Mais à l’heure de choisir un chef, l’UMP pleure toujours son président disparu.

Un héritage lourd à porter

Son nom est sur toutes les bouches. Nicolas Sarkozy est toujours là, mais rien n’émane de lui. Pas une seule prise de position publique, aucuns appuis. Le président sortant est muet comme une tombe et à l’UMP les brebis s’émancipent. Les anciens ministres choisissent une équipe, et ne se privent pas de mettre les pieds le plat. François Baroin s’enflamme, déclarant qu’il a d’autres ambitions que «petit Blancs pendant le Ramadan restez chez vous» pour son parti. Tandis que de l’autre côté Nadine Morano ne se lasse pas d’égrainer les qualités de «l’homme d’action» Copé.

Balle au centre

Mais la bombe est venue de l’extérieur, du dissident parmi les dissidents: Jean-Louis Borloo. Le week-end dernier, il lance son Union des Démocrates et Indépendants (UDI). Prônant l’écologie comme fondement, le nouveau parti pourrait néanmoins faire de l’ombre à l’UMP. Leurs idées en matière d’économie se recoupent et demeurent farouchement libérales. Jouanno a donné le signal du grand départ. Mais la fronde ne fait sûrement que commencer. Pire, c’est une alternative alléchante qui vient marcher sur les plates bandes de l’UMP. Si l’argument d’une coalition claire est avancée, il n’en demeure pas moins que la nouveauté charme mais dérange.

Le retour de «la guerre des droites»

Il y a des airs de déjà vu dans cet affrontement. Comme si les vieux ennemis, le RPR et l’UDF, revenaient nous raconter une histoire que l’on connait déjà bien. Cette bataille entre droite et centre-droit laisse présager de l’imbroglio dans lequel la politique française pourrait une nouvelle fois sombrer. Juppé et Bayrou préfèrent prévenir que guérir mais rien n’y fait. Les querelles d’hommes supplantent les idées. A la manière d’un duel Chirac/Balladur, les Copé/Fillon jouent au plus malin. L’unite, le rassemblement pressent néanmoins.

Dans leur tête, les municipales de 2014 occupent la première place. Remettre la droite en ordre de bataille, la refonder idéologiquement sont autant de défis à relever avant de passer aux choses sérieuses.

Marianne Ferrand 

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky

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