La « Droite populaire » : le cheval de Troie du FN ?

Malgré l’autoritarisme affiché par Nicolas Sarkozy à l’égard de ses colistiers, l’UMP reste un parti multiple, divisé par différents courants tels la Droite sociale de Laurent Wauquiez, la Droite humaniste, la Droite centriste et surtout la Droite populaire. Ce collectif, souvent sur le banc des accusés pour ses positions radicales, est régulièrement accusé de faire de l’entrisme au sein du parti majoritaire au profit du Front national (FN). Le constat est pourtant indéniable, la droite populaire est de plus en plus sollicitée.

Qu’en est-t’-il réellement du programme de ce collectif ? Celui-ci fut créé par deux députés du parti présidentiel, Lionnel Luca et Thierry Mariani en juin 2010  au lendemain des élections régionales perdues par la majorité présidentielle. Cette initiative visait à réaffirmer la volonté de revoir la droite revenir à ses fondamentaux idéologiques. Ces deux figures de l’UMP, sont d’ailleurs régulièrement accusés d’être des frontistes égarés. Thierry Mariani fut par exemple à l’origine de l’amendement sur l’autorisation de recours aux tests ADN lors de la délivrance des visas au titre du regroupement familial, également de l’autorisation de statistiques raciales et ethniques, de l’interdiction d’hébergement d’urgence aux personnes en situation irrégulière ou de la proposition visant à déchoir de la nationalité française les auteurs de certains crimes. Cette hostilité affichée à l’égard de l’immigration est caractéristique de ce groupe parlementaire. Le conservatisme à l’égard des questions sociales et judicaires est également une étiquette marquée et revendiquée par ces députés, comme le rétablissement de la peine de mort promu par Lionnel Luca.

Le nationalisme, le patriotisme, l’amour de la République, la liberté d’entreprendre, le rayonnement de la France et une lutte acharnée à l’égard de l’insécurité sont également des thèmes phares de cette mouvance dont la charte réunit la signature de 42 députés UMP à ce jour.

La nuance extrêmement restreinte entre ce collectif et les idées prônées par le FN nous amène à nous pencher sur la question suivante :  est-ce que cette mouvance « ultra-droitière » ne va t-elle pas amener à une implosion générale de l’UMP, qui, entre les départs et les critiques dont le parti fait l’objet de plus en plus fréquemment (Rama Yade, Luc Ferry…), va à hue et à dia. Certains membres de la Droite populaire comme Christian Vanneste se sont d’ailleurs déclarés favorables à une alliance tactique entre l’extrême-droite et l’UMP.

L’interdiction du vote des étrangers non-communautaires aux élections locales étant le dernier cheval de bataille en date de ce collectif, il faut ne pas négliger cette frange de l’UMP pour 2012, qui pourrait se voir lasser du laxisme perçu de Nicolas Sarkozy au profit des intérêts directs de Marine Le Pen.

Nathan Cahn

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky

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