La droite populaire : un « cheval de Troie » mal connu ?

Implosera ? N’implosera pas ? Les spéculations ont eu bon train dans le petit monde des « politologues », enfin ceux d’entre eux désireux de réfléchir quant à l’avenir d’un parti perdant, pour la première fois de son histoire, à une élection présidentielle. Mais à l’heure où une scission au sein même de l’UMP n’est plus vraiment envisageable, il serait intéressant d’en connaître les raisons.

La « droitisation » de l’UMP, du moins celle avérée durant l’entre deux tours, n’est pas un credo suffisant pour diviser un parti, dont la substance idéologique est depuis quelques temps en fermentation. Certes la droite dite « humaniste » ou centriste, tels des Raffarin, des Fillon ou des Boorlo, se sont alarmés quant à la focalisation du discours à l’égard de l’immigration et de la culture islamique, fer de lance d’une extrême-droite convenable et fréquentable, qui circule dans les méandres d’une majorité hétérogène. Des partis « amis » (comme le Parti radical ou le Nouveau centre) ont également marqué leurs distances, jusqu’à présenter des candidatures concurrentes à la grande course pour l’Elysée.

Mais quelles ont été les raisons de cette fracture politique qui touche la droite française ? De cette opposition plutôt marginale entre les tenants d’une droite humaniste et conservatrice (et donc chrétienne) et d’une droite populiste, voire « xénophobe » ? L’Europe. Bruxelles est le dernier obstacle infranchissable d’une extrême-droite « envahissante ». La particularité du Front national (FN) ne repose donc pas seulement sur un discours rigoriste quant aux frontières et à l’identité, mais également sur une sortie plus ou moins affirmée d’une Union européenne « dirigée par des technocrates étrangers bourgeois, naturellement opposés à une Europe des nations ».

La Droite populaire, courant réputé proche du FN, et pourtant reconnu (via notamment l’instauration d’une Charte) au sein du parti majoritaire, n’a cependant jamais fléchi sur l’Europe, glorifiée de part ses apports économiques (monnaie unique, marché commun, fonds de solidarité) et politiques, soit l’avènement d’un bloc de pays suffisamments compétitifs pour affronter durablement ce qui serait « l’Empire américain », et la nouvelle «scène», celle représentée par les pays dits émergents.

D’Eric Raoult, en passant par Thierry Mariani, ou encore Lionnel Lucca, tous s’alignent sur l’idée d’une grande Europe, destinée à s’étendre géographiquement et politiquement, au détriment d’une France souverainiste, tant chérie par les ducs de Saint-Cloud. Le «baiser du diable » n’arrivera donc jamais, et l’UMP devra malgré tout composer avec sa frange, parfois islamophobe, mais du moins libérale, colonne vertébrale, d’une droite portée sur la libéralisation des flux en tout genres, du moment qu’ils ne soient pas de migration.

Nathan Cahn

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky

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