Vladimir Poutine vers un troisième mandat

Vladimir Poutine se dirige dimanche pour un nouveau mandat à la tête de la présidence russe, le troisième à ce poste, sans exclure « devoir » pousser à terme jusqu’en 2024. Le bilan de l’ancien espion devenu héritier des années Eltsine s’avère pourtant décevant.

La population dans sa grande majorité est perplexe : pas de vraies réformes depuis 2004. Rien qui ne permette d’identifier un axe de développement quelconque. Les moins critiques  évoquent timidement une armée rendue plus moderne et la décriminalisation au profit de chambres civiles pour certains types de dossiers économiques.

Pourtant, un peu moins d’un tiers des sondés – par des organismes indépendants – semblent pencher pour un retour de Poutine au Kremlin. Alors pourquoi une telle mansuétude ?

Logo du parti Russie unieLa reconnaissance du ventre déjà : irrigué par les cours élevés des hydrocarbures, le pouvoir d’achat a connu une croissance annuelle d’environ 15% sur la période 2004-2008. Depuis, un plus raisonnable +5% que beaucoup de ses amis européens lui envieraient. La population lui accorde donc un certain crédit. Aussi, une absence quasi-complète d’une opposition digne de ce nom. Si opposition il y a, elle se situe plutôt dans l’expression des différents courants et factions du parti majoritaire Russie unie, le seul à pouvoir modifier la Constitution sans accord préalable de quelque autre formation politique que ce soit.

Ce qui n’empêche pas l’arrivée d’un nouveau paramètre : l’émergence d’une classe moyenne qui s’intéresse davantage « aux idées » qu’à un attachement personnel à un « leader » et le secret espoir d’obtenir un jour un véritable Etat de droit. Cette classe moyenne a bien constaté le système de corruption encore généralisé (classé au niveau de l’Ouganda dans les classements internationaux), un climat des affaires au mieux qualifié de « changeant », des pratiques controversées de manipulation de l’opinion publique, les fraudes avérées lors des dernières législatives et qui devraient se reproduire, le culte de la personnalité esquissé…

Avec une popularité en chute libre, Vladimir Poutine semble acculé : une fois élu, il n’aura pas d’autres choix que de permettre des compromis. En particulier si les difficultés économiques en Europe occidentale et ailleurs étaient amenées à durer, pesant ainsi sur la demande en pétrole et en gaz. Certes, l’appétit gargantuesque de son voisin chinois pour les ressources russes est bien là, mais trop dépendre d’un tel client serait aussi une erreur stratégique. Spéculations… tranchées pour certains investisseurs puisqu’on observe une accélération de la fuite des capitaux, russes et étrangers.

L’enjeu dès lundi pour Vladimir Poutine sera de trouver un juste équilibre entre rassurer/ s’ouvrir d’une part et affermir son pouvoir d’autre part. Exercice d’équilibriste de haut vol…

Jeremy Hureaux

NB : vidéo « A Vova rulit » du groupe ukrainien Dress Code présentant Vladimir Poutine en superhéros. Hommage, critique grinçante, coup marketing ? A vous de voir.

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Passionné de la vie publique et ses méandres, coordinateur du site Politique.com Twitter : @politique

Une réponse à “Vladimir Poutine vers un troisième mandat” Subscribe

  1. Jeremy Hureaux 5 mars 2012 at 15 h 52 min #

    Lien intéressant vers une cartographie récapitulant les « difficultés » enregistrées à l’occasion du scrutin présidentiel russe (fraudes etc) : http://translate.google.fr/translate?sl=ru&tl=fr&js=n&prev=_t&hl=fr&ie=UTF-8&layout=2&eotf=1&u=http%3A%2F%2Fwww.kartanarusheniy.org%2F&act=url

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