Eric Hazan, l’homme de la Révolution

Dans la cadre de sa réflexion sur la Révolution et les moyens nécessaires à son aboutissement, Eric Hazan participait à la conférence qui se tenait dans la salle du Lieu-Dit [1] à Paris le samedi 30 mai 2015. Une conférencesurle livre « L’insurrection qui vient »était proposée mettant en perspective nos libertés publiques et les moyens de coercitions des gouvernements. Politique.com était présent pour interviewer Eric Hazan, également auteur de « La dynamique de la révolte : Sur des insurrections passées et d’autres à venir ». [2]

Politique.com : Un projet de loi a été présenté en conseil des ministres le 19 mars 2015 visant à renforcer les moyens d’actions des services de renseignements tout en, selon le gouvernement, protégeant les français dans le respect de leur liberté. Elle a été adoptée en première lecture à l’Assemblée par 438 voix pour et 86 contre. Quel est votre avis sur ce projet de loi et les conséquences qu’il aura sur nos vies ?

Eric Hazan : C’est la même chose que la loi sur le renseignement : une grosse offensive pour nous faire tenir tranquilles. Si nous ne faisons rien, je serais alors terriblement pessimiste quant à notre futur. Mais c’est à nous de faire en sorte qu’un mouvement de révolte naisse et que tout ça soit finalement emporté avec le reste. On ne peut pas se battre sur un point, un projet de loi. Nous avons en face de nous une offensive globale.

Politique.com : Par rapport à ce projet de loi, quelles sont selon vous les actions que pourraient entreprendre des citoyens ? Quelles formes peuvent-elles prendre ? Doivent-elles être politiques et donc s’insérer dans un système démocratique ou au contraire passer par des actions de terrain, de contact, comme on a pu voir à Notre Dame des Landes ?

Eric Hazan : Si, par Politique, on entend lutter contre ces lois liberticides au moyen d’un programme électoral qu’on soumettrait aux électeurs, non, ce n’est pas sérieux.

Politique.com : A vos yeux, il n’y aurait donc pas actuellement un parti politique qui serait à même de proposer des solutions viables sur ce thème?

Eric Hazan : Non.

Politique.com : Vous disiez dans un article [3] que vous aviez voté socialiste aux dernières élections présidentielles de mai 2012. Au-delà des actions que pourraient mener les citoyens au quotidien, pensez-vous donc qu’il faille parfois voter avec tactique ?

Eric Hazan : Effectivement, j’ai voté socialiste par pure tactique en pensant que, dans l’optique révolutionnaire, il valait mieux que ce soit un régime socialiste faible que le sarkozysme, voilà tout.

Politique.com : Concernant la montée du Front National, quelle est votre analyse sur ce phénomène finalement assez récent, qui a moins de 20 ans ? Comment est-ce que vous placez ce mouvement dans le système politique actuel ?

Eric Hazan : C’est un mouvement qui monte par notre défaillance, les gens sont furieux et, nous qui voulons la Révolution, nous n’avons pas jusqu’à présent proposer d’alternatives crédibles. Les gens mécontents, pas forcément très instruits, vont donc là où on leur parle simplement.

Politique.com : Avez-vous déjà pensé à donner une traduction politique à votre engagement intellectuel ?

Eric Hazan : Je suis engagé politiquement, au travers de mes interventions. Mais je ne m’engagerai jamais dans un parti politique.

Edouard d’Espalungue

 

Notes :

[1]La conférence se tenait dans la salle du Lieu-Dit, 6 rue Sorbier, 75020, Paris

[2] « La dynamique de la révolte : Sur des insurrections passées et d’autres à venir », La Fabrique éditions, Paris, 2015

[3]« Eric Hazan : « La Révolution n’est pas terminée », by Camille Polloni and Aurélie Champagne, in Rue89, 09/09/212

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