Ce en quoi Eva Joly n’a rien compris à la France

L’accusation de « francophobie » émise par Marine Le Pen à l’égard de la candidate à la présidentielle d‘EELV doit être approfondie. Au delà du conflit permanent entre les deux prétendantes à l’Elysée, les propositions de cette ancienne postulante au titre de Miss Norvège doivent être analysées afin de voir en quoi elles pourraient porter atteinte à notre nation, ou du moins à son identité.

C’est tout d’abord le défilé du 14 juillet qui fut pointé du doigt par la franco-norvégienne. «Je pense que le temps est venu de supprimer les défilés militaires du 14 juillet parce que ça correspond à une autre période». La candidate qui s’était insurgée contre la présence de véhicules blindés à l’occasion de ces festivités avait proposé de remplacer le défilé militaire par un «défilé citoyen, où nous verrions les enfants des écoles, où nous verrions les étudiants, où nous verrions aussi les seniors défiler dans le bonheur d’être ensemble, de fêter les valeurs qui nous réunissent». Ce pacifisme nié et sans perspective avait choqué jusque dans les rangs de la gauche. Harlem Désir (membre du PS) avait même déclaré que la présence de militaires le 14 juillet permettait un grand moment de rencontre entre la « défense nationale et les citoyens ». Eva Joly s’était d’ailleurs empressée d’attaquer verbalement le Premier ministre lorsque ce dernier avait déclaré : «Je réagis avec tristesse. Je pense que cette dame n’a pas une culture très ancienne des traditions françaises, des valeurs françaises, de l’histoire française». Les propos de François Fillon ne faisaient que souligner à juste titre un manque de connaissances chronique à l’égard de l’importance aux yeux des Français d’un jour dans les 365 qui composent l’année qui soit dédié à la valorisation des forces militaires, qui rappelons-le, célèbre la prise de la Bastille… par la force. Cette remise en cause était donc contraire à la culture et à l’identité de notre pays.

Vient ensuite la question des « grandes écoles » qu’Eva Joly avait proposé de supprimer au nom de l’égalitarisme. « Les grands patrons des banques françaises viennent de s’accorder des bonus injustifiables, au mépris de la directive européenne qui régule leurs rémunérations. Cette situation montre bien qu’il y a une confiscation du pouvoir par une oligarchie française. Lorsqu’on regarde leur parcours, on s’aperçoit qu’ils sont issus des mêmes grandes écoles : ces grandes écoles, qui sont la fierté de la République, forment une élite qui a perdu de vue l’intérêt général. » avait déclaré l’intéressée. Or, ces écoles, aussi endogamiques soit-elles, restent des symboles de notre « excellence » nationale, et d’une certaine manière de notre méritocratie. Leur suppression, par le joug de l’égalitarisme autoritaire, ne ferait qu’ôter une part fondamentale de l’identité française, ces établissements étant pour la plupart en place depuis fort longtemps et ayant formé de nombreuses figures de notre Histoire.

La question de l’industrie française est également en ligne de mire par Eva Joly. Tandis que le « Made in France » est à la mode dans l’ensemble de la sphère politique, la candidate écologiste s’est opposée à cette vision de la réindustrialisation, préférant une préférence « sociale et environnementale » en cohésion avec l’Europe. Eva Joly avait d’ailleurs profité de cette déclaration pour promouvoir un fédéralisme européen au détriment de l’Etat-nation français.

En ce qui concerne la diplomatie, le programme d’EELV comporte également des clauses surprenantes telle l’abandon du droit de véto de la France au Conseil de sécurité de l’ONU : « Il faut réformer et démocratiser l’ONU : il faut un siège européen au détriment du siège français, une suppression du droit de veto, une meilleure représentativité des pays du Sud au sein du Conseil de sécurité et un renforcement du rôle des ONG ». Pour Eva Joly, porter atteinte à la puissance diplomatique de notre pays n’est pas un tabou, c’est même une nécessité.

Enfin, le dernier exemple en date reste la proposition de deux nouveaux jours fériés afin de permettre aux juifs et aux musulmans d’avoir chacun eux aussi une de leurs fêtes religieuses fériées. Cette proposition ne ferait qu’accentuer le communautarisme dans le pays, tout en portant atteinte à l’héritage, quoi qu’on en dise, chrétien de notre nation. L’ensemble de la classe politique, de Laurent Wauquiez à François Hollande s’était d’ailleurs opposée à cette volonté de réforme. Rappelons que la tentative d’instaurer un calendrier totalement laïque sous la Révolution fut un échec cuisant.

Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, le constat est indéniable, Eva Joly souhaite modifier en profondeur l’identité culturo-politique de notre pays afin de le transformer en une vulgaire entité fédérée au sein d’un conglomérat d’états européens. Ces déclarations successives, assimilées à des « gags anti-patriotiques » par la candidate frontiste doivent donc être analysées pour anticiper une potentielle surprise malencontreuse. Par conséquent une question inévitable se pose, le programme d’EELV est t-il républicain ?

Nathan Cahn

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky

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