Congés payés : la cinquième semaine en ballotage ?

L’idée lui a traversé l’esprit l’espace d’une seconde… Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, a évoqué la possible suppression d’un acquis social apprécié de tous : la cinquième semaine de congés payés. Repris de volée par François Fillon qui tentait ainsi de recoller les pots cassés, le ministre de l’Education nationale n’a pas manqué l’occasion de créer la polémique. Mais en creusant un peu… ce n’est pas la première fois que les caciques de l’UMP évoquent le sujet… Doit-on y voir une ligne importante du programme UMP en vue de la présidentielle à venir ?

Luc Chatel a t-il involontairement lâché une idée forte que l’UMP garderait par devers elle mais qui aurait vocation à s’appliquer en cas de victoire à la présidentielle et/ ou aux législatives ? On peut légitimement se poser la question après avoir pris connaissance de l’interview accordée à Radio J.

Le ministre a expliqué que « si les déficits avaient explosé quand Nicolas Sarkozy était ministre du Budget entre 1993 et 1995, c’est parce c’était la première fois depuis 1945 qu’il y avait une récession dans notre pays » tout en évitant assez logiquement de parler de la sortie du livre « Un quinquennat à 500 milliards » qui stigamtise une certaine « facture liée au sarkozysme ». A qui la faute ? Aux socialistes, bien entendu : « A chaque fois que les socialistes ont été aux responsabilités, on a eu une fuite en avant budgétaire et on a fait reposer sur la génération future les avantages sociaux de la génération précédente. On a fait payer à crédit la cinquième semaine de congés payés, la retraite à 60 ans… ». C’est au milieu d’une énumération de symboles sociaux que Luc Chatel place la cinquième semaine de congés payés.

Doit-on y voire un symbole ? Un signe ? Une indication concernant le futur programme UMP ? Un deuxième épisode du « je touche à tes acquis sociaux » après le carton mondial du premier volet concernant les retraites ? Restons calmes, rien n’est (encore ?) fait. Et d’ailleurs, en bon prêcheur de la bonne parole, Jean-François Copé n’a pas attendu longtemps avant de faire lumière sur ce malheureux incident politico-médiatique en affirmant, sur le plateau de Radio France Politique qu’il n’était pas question « à sa connaissance de faire évoluer » la durée légale de cinq semaines de congés payés. Voilà qui est dit.

Radio France Politique Jean-François Copé

 

Une idée qui n’est pas nouvelle ….

Oui mai voilà : en creusant un poil, on découvre qu’en 2007, lors d’un débat au Sénat sur le financement de la Sécurité sociale, le sénateur communiste Roland Muzeau avait apostrophé ainsi André Lardeux, sénateur UMP : « Pourquoi ne pas supprimer la cinquième semaine de congés payés ? ». Réponse laconique du parlementaire de la majorité présidentielle : « On y viendra peut-être. ». Et si « peut-être » voulait dire « sûrement » ? L’idée de supprimer l’un des grands acquis sociaux de la Vème, vestige de la politique mitterrandienne, n’est donc pas nouvelle. Mais relativisons les choses,  la supprimer s’inscrit dans une logique toute particulière : celle de la rigueur et de l’austérité.  L’idée ne paraît donc pas totalement dénuée de sens et s’inscrit dans un débat moderne et actuel : le financement de la Sécurité sociale. Et comme l’admet Chauvot de Beauchêne…  « La santé est le trésor le plus précieux ».

Jordan Allouche

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Autoproclamé "meilleur d'entre nous". Et si j'étais jaloux de M.Juppé ?

Une réponse à “Congés payés : la cinquième semaine en ballotage ?” Subscribe

  1. romain 16 janvier 2012 at 22 h 25 min #

    cool, grandes manifestations en vue!!!

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