François Hollande, le candidat en manque de leadership

François Hollande

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Dans les colonnes du Monde du jeudi 19 janvier, Henri Emmanuelli lance un avertissement à François Hollande en ces termes : « La campagne ne peut se réduire à une course à l’austérité avec la droite. Il  faut susciter un minimum d’espérance. Notre rôle est de redonner un peu d’espoir ». Voilà où est le problème. L’homme, la personnalité de François Hollande ne ferait pas rêver. Bien qu’il soit toujours bien placé dans les derniers sondages, « l’outsider » de la Primaire PS semble s’essouffler après pourtant s’être envolé dans l’immédiat après-primaires. Ce qui laisse le champ libre à d’autres leaders naturels de la scène politique, à l’instar de François Bayrou par exemple, ou… de Marine Le Pen.

L’ambition de François Hollande a été claire dès le début des primaires : servir au mieux la France et offrir une alternative crédible à Nicolas Sarkozy. Avec les primaires socialistes qui ont rencontré un franc succès, la campagne partait extrêmement bien pour le député de Corrèze qui avait fait d’une certaine manière respirer la démocratie. Tout semblait donc bien parti. Une fois les égos rangés, les larmes séchées, et les batailles des primaires oubliées, François Hollande a donc pu rentrer en campagne. Elle devait être efficace, offensive, et crédible. Mais depuis quelque temps, sa campagne ne prend plus. Il avait su faire de son statut de « candidat normal » une force durant les primaires.

La « présidence normale » face à une situation de crise extrême ne semble plus faire recette. De plus, son équipe de campagne commence à se faire (trop ?) entendre : hier, le candidat PS a dû recadrer sévèrement son équipe, comme ce rappel à l’ordre : « ne pas être obligé de vous commenter les uns et les autres et de m’obliger à corriger les uns et les autres » car Benoît Hamon, mais il n’est pas le seul, avait critiqué les propositions de Jérome Cahuzac, le « Monsieur économie » de la campagne concernant le coût des 60.000 créations de postes dans l’Education nationale.

Doit-on rappeler que la campagne socialiste ne s’est pas faite sans quelques bavures ? Des accrocs sur le combustible Mox, et avec les accords d’Europe-Ecologie – Les Verts en général ; l’imbroglio du quotient familial, et enfin les propositions sur la création de postes dans l’Education nationale. Des « couacs » qui n’ont bien sûr pas échappé au parti majoritaire, ne perdant pas une occasion de taper sur le candidat de la gauche. Pourtant, le contexte est favorable à celui qui est censé représenter l’opposition à la droite en France : la perte du triple A, une situation sociale qui ne s’améliore pas, un bilan de l’actuel Président plus que mitigé… Les Français attendent François Hollande au tournant avec des réponses et des solutions. Pas uniquement une dénonciation d’un type de politique.

Mais bien qu’il ne galvanise pas encore la France, admettons que François Hollande obtient des sondages honorables. Mais force est de constater que sa campagne ne « prend pas ». Cette situation est bénéfique pour les professionnels de l’anti-sarkozysme, l’autre François (Bayrou) en tête, qui ne cesse de monter dans les sondages. Certains petits candidats tirent également profit de la situation, à l’instar de Nicolas Dupont-Aignan ou de l’extrême-droite.  Mais rien n’est encore joué. C’est là que réside l’alchimie compliquée du parfum de l’élection présidentielle.

Pierre Dumazeau

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