Henri Guaino, ce sanguin

Une colère de plus au compteur d’Henri Guaino. La plume présidentielle s’est une fois de plus emportée derrière un micro. C’était cette fois face à la chroniqueuse de France-Culture  Marie Darrieussecq. « Malhonnête », « inconvenant », « grossier », « impoli ». C’est comme cela que l’un des plus proches conseillers de Nicolas Sarkozy a qualifié l’éditorial qui a précédé son interview, qui faisait une critique du discours de Dakar.  Un nouveau coup de sang qui ne fait qu’allonger une longue liste.

Henri Guaino est l’invité ce mardi matin de France-Culture. Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy prend place dans le fauteuil qui lui est réservé. La discussion matinale démarre bien, quand soudain, la plume du Président s’en prend violemment à l’écrivaine et chroniqueuse Marie Darrieussecq. En cause, le « fameux » discours de Dakar, écrit par Henri Guaino lui même et lu par Nicolas Sarkozy en juillet 2007. « L’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire », affirmait le chef de l’État, installé à l’Élysée depuis un peu plus de deux mois. Le ton monte et Henri Guaino charge son interlocutrice de « malhonnêteté ».

 

« Je viens pour faire une émission sur la campagne présidentielle et je me retrouve avec une analyse du discours de Dakar, commence Guaino.

    – Oui, parce que c’est l’heure du bilan, justifie Darrieussecq.

    – Moi je veux bien qu’on consacre une émission au discours de Dakar. Mais je trouve malhonnête et inconvenant d’être accueilli de cette façon.

    – Ce n’est pas malhonnête.

    – C’est malhonnête et inconvenant parce que je n’ai pas le temps de répondre.

    – Soit vous êtes dans le temps médiatique soit vous êtes un responsable politique et vous assumez ces propos tenus il y a cinq ans.

    – Je les assume tout à fait, tranche le conseiller.

    – D’accord, c’est ce que je voulais savoir.

    – Simplement, cette émission n’était pas destinée à cela. Parce que sinon on ne parle pas de la campagne.

    – Moi je fais ma chronique et je voulais relire…

    – C’est malhonnête. C’est inconvenant. C’est impoli. C’est grossier, coupe Guaino.

    – … et reciter en entier des passages de cette vision de l’homme africain que vous avez délivrée à des universitaires à Dakar, explique la chroniqueuse.

    – Ce que vous avez raconté, madame, sur ce discours – enfin vos commentaires, les citations je les assume…

    – Vous êtes arrivé en retard, déjà ! Et si vous lisiez un petit peu le Césaire de l’anticolonialisme vous ne tiendrez pas des poncifs qui ont été tenus en 1950 par les colonialistes eux-mêmes.

    – Oui oui. Merci madame. J’ai lu Césaire autant que vous. J’ai lu Senghor autant que vous…

    – Euh… J’en doute (rire), intervient Darrieussecq.
Mais voilà. Ça c’est cette manie qu’on tous les gens de votre espèce de considérer que tous ceux qui sont en désaccord avec eux sont dans le camp du mal, sont incultes et sont des imbéciles, s’emporte le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy. Voilà, moi je ne vous prend ni pour une inculte, ni pour une imbécile, je vous prend juste pour quelqu’un d’intellectuellement malhonnête. Et je vous le dis en face. »

Un échangé vif et musclé qui n’a pas manqué de faire parler de lui dans la sphère médiatique. Plus d’ailleurs pour le côté récurrent de la « sanguinité » que du fond. Et c’est un fait : le conseiller présidentiel est un habitué des envolées verbales « limites ».  Henri Guaino avait déjà montré de la nervosité sur France 3 il y a quelques semaines. Face à Jérôme Guedj, le conseiller de Nicolas Sarkozy avait tapé du poing sur la table.


Et ce n’est pas terminé, sur LCP, Henri Guaino était aussi sorti de ses gonds. Il avait refusé de répondre à une question de Françoise Fressoz.

Et une dernière pour la route… Face à Joseph Macé-Scaron, Henri Guaino s’emporte à nouveau. L’éditorialiste reproche au conseiller de dresser les Français les uns contre les autres, pointant le débat « indigne » sur l’identité nationale.

« C’est vous qui êtes indigne », répond Henri Guaino qui monte en tension. « Vous êtes qui pour dire ça ? Vous avez fait quoi dans votre vie ? Vous êtes indigne de votre métier ! C’est une attitude inadmissible ! », s’irrite-t-il.


Plusieurs coups de sang ont donc déjà illustré la carrière politique d’Henri Guaino. Il est devenu en l’espace de quelques mois à peine l’un des « porte-flingues » de l’UMP. Stratégie politique ou simple trait de caractère ? La question est posée. Si jamais le parti majoritaire aurait quelconque envie d’allonger la liste des « chiens de garde » de l’Elysée parmi lesquels figurent, Nadine Morano, Claude Guéant et autre Franck Louvrier, qu’il sache que la liste est déjà bien trop grande à mon goût…

Jordan Allouche

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