Israël-Palestine : quelle solution ?

Et c’est « reparti pour un tour ». À l’heure où le conflit israélo-palestinien résonne à nouveau dans les chaumières, telle une guerre interminable, peu nombreux ont été les « géopoliticiens » à se demander réellement quelles seraient les véritables solutions viables et satisfaisantes pour les deux parties. Pourtant, des solutions simples pourraient être appliquées pour apaiser durablement cette poudrière proche-orientale.

Tout d’abord, se pose la question de l’intégrité politique et institutionnelle de la Palestine. En effet, ce territoire est séparé géographiquement en deux parties distinctes, en raison de la présence de l’Etat hébreu. Aucun lien terrestre ne les relie ; la bande de Gaza bénéficie d’un littoral maritime, ce qui n’est pas le cas de la Cisjordanie. Si la Palestine devait voir le jour en tant qu’Etat pleinement souverain, il serait difficilement concevable pour Israël d’accepter de permanents « va-et-vient » sur son territoire de ressortissants palestiniens, désireux de rejoindre l’autre parcelle territoriale de leur pays. Sans dénigrer les problèmes logistiques (manque d’infrastructures adéquates, notamment autoroutières), il ne faudrait pas oublier le risque accru d’attentats sur le sol israélien que ces déplacements pourraient impliquer. La création de l’Etat palestinien n’éradiquerait pas totalement les sentiments hostiles à l’égard du « sionisme politique », sentiments qui pourraient s’exacerber si ces personnes devaient être amenées à traverser régulièrement, de part en part, l’Etat juif.

L’intégrité politique est également un enjeu fondamental. En effet, la bande de Gaza est, depuis 2007, pris dans l’étau du mouvement islamiste Hamas, qui a fait de l’Islam politique conjuguée à la lutte armée un cheval de bataille non négociable. De son côté, le Fatah de Cisjordanie, plus modéré, a accepté l’existence de l’Etat d’Israël, tout en prônant la création d’un Etat arabe en Palestine. Beaucoup de nations arabes n’ont pas pardonné la laïcisation et l’acceptation des normalisations avec Israël que Yasser Arafat avait validé lors de la conclusion des Accords d’Oslo de 1993. Son héritier politique (le Fatah) se voit donc reconnu comme une autorité non légitime par une grande partie de la Oumma islamique (la visite de l’Emir du Qatar à Gaza en octobre dernier illustrant ce propos). La création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 serait donc le prémice d’un affrontement idéologique entre les deux mouvements, qui amènerait, sans aucun doute, la Palestine dans une nouvelle situation de chaos militaire, cette fois-ci interne. Une guerre civile dans ces territoires est donc largement concevable, en particulier lorsqu’on regarde à la loupe les exactions commises par le Hamas contre les civils gazaouis depuis 2007.

« Les Gazaouis sont avant tout des Egyptiens »

Mais pour trouver une solution viable, rien de tel que de se plonger dans l’histoire. En effet, la Palestine était tout d’abord, avant la Première guerre mondiale, un simple confetti de l’ancien Empire ottoman, qui recouvrait une bonne partie du monde arabe. La Sublime porte disparue, la Palestine (ce qui comprend donc l’actuel Israël) a été intégrée dans un nouveau territoire, la «Palestine mandataire», administrée à l’époque par le Royaume-Uni, mandatée par la Société des Nations (l’ « ancêtre » de l’ONU), dans le but de pacifier la région. À la création de l’Etat d’Israël en 1948, la bande de Gaza était alors une partie intégrante de l’Etat égyptien (indépendant depuis 1922), tandis que la Cisjordanie était une composante de la Transjordanie (aujourd’hui appelée Jordanie, en format plus réduit), indépendante depuis 1946 (soit deux ans avant la création de l’Etat hébreu).

C’est donc seulement à l’annexion de ces territoires par Israël lors de la Guerre des six jours en 1967, que ces territoires se sont vus séparés de facto. Les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza (exceptés ceux ayant été expulsés ou « déplacés » des actuelles frontières de l’Etat juif) sont donc historiquement, culturellement, des Egyptiens et des Jordaniens. D’ailleurs, beaucoup d’entre-eux (surtout les Gazaouis) ont encore conservé ces nationalités d’origine. C’est donc seulement à l’aube de la fin des années soixante que la création d’un nationalisme politique palestinien verra le jour en réaction à ce qu’ils considèrent comme une spoliation contrainte. Son hymne, son drapeau ne sont que les créations récentes d’un nationalisme que certains considèrent « créé de toute pièce » dans cette région, avec l’appui de l’ex-Union soviétique.

Cet épisode de l’histoire n’est pas à occulter. En effet, même si la création d’un Etat palestinien est totalement légitime, il faudrait s’attarder sur le cas de Gaza. La Cisjordanie, une fois libérée des implantations israéliennes, a le potentiel territorial, économique et politique de voir naître sur son sol un Etat neuf. Les colonies israéliennes regroupées autour de Jérusalem pourraient être en partie annexées par l’Etat hébreu (et les autres démantelées), qui pourrait offrir en échange les territoires extrêmement arabisés du Neguev, frontaliers de la Cisjordanie. Mais l’annexion pure et simple de Gaza par l’Egypte serait également une solution à creuser, car elle résoudrait un certain nombre des problématiques précitées. De surcroît, la ferveur islamiste d’une bonne partie des Gazaouis rejoindrait les sentiments de l’Egypte d’aujourd’hui, gouvernée par les Frères musulmans. Certes, même si l’Etat égyptien n’a jamais fait savoir son désir d’obtenir cette bande de terre infertile, sans oublier l’opposition chronique de nombreux Gazaouis à cette solution, cette question mérite d’être posée. Pas encore véritablement envisagée par les négociateurs, tous camps confondus, elle pourrait néanmoins accélérer le processus de paix pour une région essoufflée par la couleur du sang.

Nathan Cahn

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky

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