Jean-Louis Borloo se positionne

Et si Jean-Louis Borloo préparait l’ « après-Sarkozy » ? En déplacement à Valenciennes, le président du Parti radical a pris ses distances avec le Président de la République. Il s’est dit en désaccord avec les pistes du programme UMP au sujet du chômage et du mariage gay que défendra Nicolas Sarkozy une fois déclaré. Une sortie médiatique qui n’est pas au goût de tout le monde et qui pose la question suivante : qui l’ex-Premier ministrable de Nicolas Sarkozy va-t-il appeler à soutenir avant l’élection présidentielle ?

« Nicolas prend des positions qui vont m’obliger à réagir. Moi, je ne suis pas d’accord« , martèle-t-il à Valenciennes. C’est désormais clair : Jean-Louis Borloo est en désaccord avec le président, du moins sur la question d’un référendum sur l’indemnisation des chômeurs. D’après le Figaro, l’ancien ministre a « multiplié les critiques ». Cela aurait pu s’arrêter là. Après tout, nombreux sont les hommes de droite qui ont été en désaccord avec le Président de la République au cours de son mandat, c’est « normal et tant mieux » pour la Démocratie et le débat public. En revanche, quand Jean-Louis Borloo déclare sans retenue « la droite française se ridiculise », il franchit un autre cap. Celui de la rupture définitive ? La question est légitime et constitue un enjeu crucial dans une présidentielle où chaque voix comptera.

Mais pour qui appellera-t-il à voter ? François Bayrou ? Il n’en est pas question.  Si Jean-Louis Borloo prend ses distances avec Nicolas Sarkozy, ce n’est pas pour rejoindre le centre. Il a d’ailleurs déjà renoncé à la guerre des centres et assume pleinement sa place dans la majorité à droite. Autre argument : ses soutiens, Rama Yade en tête, préfèrent Nicolas Sarkozy. Et puis surtout soutenir François Bayrou le mettrait hors-course dans toute tentative de mainmise ultérieure sur la droite après le mois de mai. Une fâcheuse conséquence pour Jean-Louis Borloo qui lorgnerait déjà sur la présidentielle de 2017. Si le président-candidat l’emporte, il ne pourra de toute façon se représenter en 2017, conformément à la loi votée en 2008. S’il perd face à François Hollande, il n’est même pas de souhaiter poursuivre sa carrière politique. De son propre aveu : « si je perds, je me retirerai de la vie politique française ». 2017 marquerait ainsi définitivement l’ « après-Sarkozy » et donc l’occasion pour Borloo de prendre le « leadership ».

Retour aux sources ?

A droite, les couteaux s’aiguisent déjà. Pour prendre le contrôle de l’UMP, on parle d’une bataille entre Jean-François Copé et François Fillon. Sur le blog de Sciences-Po TV, Nicolas Davila évoque « la période de reconstruction qui s’ouvre à droite » : « Fillon et Copé en seront des acteurs majeurs. Une candidature aurait fait porter sur Borloo une part de responsabilité dans la défaite. En s’effaçant, Borloo se requalifie pour la suite ». Cette position, ni trop près ni trop loin de Nicolas Sarkozy,  lui permet donc de se placer quoi qu’il arrive.

Jean-Louis Borloo fourbit ses armes. Sans renier l’UMP, il prend ses distances, prolongeant  le travail fourni à l’image de l’indépendance financière vis-à-vis de l’UMP prise par le Parti radical en mai 2011.  Mais prendre ses distances ne veut pas dire rompre définitivement tout lien. N’ayez crainte : l’ancien ministre appellera bien à voter Nicolas Sarkozy. Son entourage parle d’ailleurs déjà d’un soutien à Nicolas Sarkozy, mais « plus tard dans la campagne ». Attention quand même à ce que « plus tard » ne signifie pas « trop tard »… A bon entendeur !

Jordan Allouche

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Autoproclamé "meilleur d'entre nous". Et si j'étais jaloux de M.Juppé ?

Une réponse à “Jean-Louis Borloo se positionne” Subscribe

  1. Jeremy Hureaux 16 février 2012 at 12 h 57 min #

    Sacré « combat des chefs » en perspective pour 2017, certains à droite ayant clairement intérêt, au vu du goût des Français pour la sacro-sainte « alternance », à ce que François Hollande soit nommé Président en mai.

    Qui de Copé, Bertrand, Fillon, Borloo ou même Juppé décrochera la timbale dans cinq ans, difficile à dire. Mais la lutte sera a priori farouche.

    En tous cas, d’un point de vue « affichage politique », j’ai la sensation que Borloo s’est désolidarisé à temps de l’action de Nicolas Sarkozy, qui me surprendrait vraiment s’il parvenait à être réélu. Sauf séisme à la DSK entre temps, ses chances me semblent bien minces. Pas trop besoin de sondages, simplement humer « l’air du temps ».

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