Une femme à la tête du Malawi

Suite à l’annonce du décès du président Bingu Wa Mutarika, la vice-présidente du Malawi Joyce Banda a été investie à la tête du pays, conformément à la Constitution malawite et sous la pression des Etats-Unis. Il s’agit de la première femme qui accède à la magistrature suprême en Afrique australe.

Pendant quelques heures, la succession de Bingu Wa Mutarika a posé une question essentielle : comment la transition allait-elle s’effectuer ? De solides rumeurs prêtait à l’ancien président la volonté d’installer son frère, Peter Mutarika, ministre des Affaires étrangères, au pouvoir suite à un éventuel décès. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, principaux bailleurs de fonds du Malawi (et ce malgré un gel des aides financières suite à des différends avec le président Bingu) s’inquiétaient publiquement d’une transition « anticonstitutionnelle« . Des inquiétudes fondées notamment sur le silence des autorités de Lilongwe, qui ont mis plus de 24 heures à confirmer le décès du président suite à une crise cardiaque, laissant croire à une réflexion intense du gouvernement pour trouver un moyen d’amender la Constitution.

Mais l’investiture de Joyce Banda quelques heures après l’annonce officielle du décès de Bingu Wa Mutarika a rassuré la communauté internationale et la majorité des Malawites, heureux de voir la Constitution de leur pays respectée. Celle-ci prévoit en effet le remplacement du président par le vice-président du Malawi (la vice-présidente, en l’occurrence) au cas où un décès ou un état médical l’empêcherait de remplir ses fonctions. Joyce Banda, militante des droits de l’homme et co-lauréate du Prix Leadership Africa en 1997 (avec le président du Mozambique) a précisé : « Comme vous le voyez, la Constitution prévaut » lors de son investiture. « Moi, Joyce Hilda Banda, je jure solennellement que je vais bel et bien assurer la fonction (…) de présidente de la République du Malawi, et que je vais défendre la Constitution« , a-t-elle déclaré lorsqu’elle a prêté serment.

Un deuil national de 10 jours

Avec le soutien des membres du gouvernement et des chefs des armées et de la police, Joyce Banda a décrété un deuil national de 10 jours, appelant « tous les Malawites à conserver leur calme et à maintenir la paix civile durant cette période de deuil« , ayant pour conséquences directes la mise en berne des drapeaux à travers tout le pays et la diffusion de musiques funèbres sur la radio-télévision publique.

Toujours selon la Constitution malawite, Joyce Banda devrait occuper la fonction présidentielle jusqu’aux prochaines élections, prévues en 2014. Après avoir publié un communiqué assurant à la population et à la communauté internationale que « la Constitution de la république du Malawi sera scrupuleusement respectée pendant la période de transition« , Joyce Banda aura pour première tâche d’organiser les funérailles du président Bingu Wa Mutarika.

Samedi, après la cérémonie d’investiture, aucun incident n’était à déplorer dans les rues de Lilongwe (capitale politique) et de Blantyre (capitale économique), où les forces de police étaient déployées massivement.

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