Le tabou de l’immigration, un pas de plus vers la fin de notre souveraineté ?

Depuis plusieurs semaines, les scandales médiatiques à l’égard de soit disant dérapages « limites » perpétrés par des figures de la droite politique à l’égard de l’immigration nous amènent à nous pencher sur la question suivante : est-il raciste de vouloir réduire les flux migratoires en France ?

Les derniers pestiférés de l’intelligentsia parisienne à savoir Arno Klarsfeld et Claude Guéant sont les symboles mêmes de l’omerta politique qui touche ce sujet central de la gestion de notre Etat. La Une récente du journal Libération ayant assimilé dans une photo sombre en noir et blanc la main mise du Front national (FN) dans l’objectif politique du ministre de l’Intérieur en exercice, a démontré la volonté de la gauche française de verrouiller toutes discussions à propos de la régulation de nos frontières. Pourtant, la diminution drastique des flux migratoires n’est pas une idée nouvelle dans le débat public.

Le programme du Parti communiste français préconisait également une baisse significative des naturalisations dans les années 70’s afin de lutter contre la concurrence des salaires entre les nationaux et les non-nationaux, argument aujourd’hui revendiqué par le FN. Le programme du RPR (ancêtre de l’UMP) était lui aussi extrêmement pointilleux  sur la régulation des flux migratoires, bien plus que dans le programme de l’UMP de 2007, pourtant accusé de tout les maux quand à sa vision des flux migratoires.

Ce constat provient sûrement de plusieurs facteurs. On peut notamment relever l’assimilation de l’immigration à une ethnie ou une religion, et cette vision faussée du « déplacement humain » est le cœur de tous amalgames. L’immigration vers un pays est traditionnellement alimentée par les anciens « sujets » des empires coloniaux disparus. Or, la majorité des anciens assujettis de l’Empire colonial français sont majoritairement en raison de variables historiques, d’ethnies arabes ou d’Afrique de l’Ouest ainsi que de culture musulmane. Cette uniformisation conséquente des immigrés français a permis naturellement à la « bien pensance » (traditionnellement de gauche) et favorable à l’immigration (notamment en raison de sa capacité de révolte due à sa situation nettement prolétarisée dans sa majorité), de lever l’étendard du racisme et de l’islamophobie contre toute critique à l’égard de l’état actuel de l’immigration dans le pays.

L’exploitation à outrance des origines, et le communautarisme exacerbé des différentes minorités ethnico-religieuses en France fut également un vecteur conséquent de cette chape de plomb politique. Initiée vers les années 80 via la mouvance antiraciste (exploitée à outrance par Mitterrand pour faire oublier le virage libéral de 83 du PS), cette sorte d’idéologie, étendard du modèle multiculturel a rapidement visé l’immigration comme le sujet à défendre de ces prochaines années. La lutte contre les reconduites aux frontières fut donc assumée via un militantisme sans faille et un vocabulaire faisant aisément le parallèle avec les déportations des années 40 (rafle pour arrestation, déportation pour reconduite etc.).

Pourtant le célèbre adage de l’ancien premier ministre Michel Rocard (« La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde mais une partie ») fut ancré dans la politique de Nicolas Sarkozy. En 2010, la France a accueilli, selon la définition internationale des Nations-unies (« personne née dans autre pays que celui où elle réside »), 7,2 millions d’immigrés soit 11,1 % de la population dont 5,1 millions (7,8 %) nés hors de l’Union européenne (l’équivalent de la ville de Reims comme le dirait Claude Guéant). On a également assisté à une augmentation de ces naturalisations depuis le mandat de Nicolas Sarkozy, et les fameuses reconduites à la frontières sont à relativiser aux vues des remises en libertés quasis systématiques orchestrées par les juges de la détention et des libertés à l’égard des clandestins se trouvant sur le territoire Français. N’en déplaise à Alain Finkielkraut, la France reste une « auberge espagnole » non négligeable.

Le contrôle des frontières est pour un Etat un enjeu primordial (notamment pour la bonne santé de sa cohésion sociale et de son bien être économique) et une composante fondamentale de son pouvoir de souveraineté, souveraineté déjà altérée par les différents traités Européens. La mise en place d’un véritable débat politico-citoyen sur ce sujet ne serait donc pas de trop, et la lutte contre la censure médiatique permanente de l’opposition à l’égard de ce domaine ne manquerait pas d’être adoucie afin de crever l’abcès à l’égard de cet enjeu central du débat public.

Nathan Cahn

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky

Une réponse à “Le tabou de l’immigration, un pas de plus vers la fin de notre souveraineté ?” Subscribe

  1. romain 2 janvier 2012 at 19 h 44 min #

    Que montre ce paradoxe souligné dans l’article: Nicolas Sarkozy et Claude Guéant tiennent un discours anti-immigration et pourtant nous continuons à accueillir autant (voir plus) d’immigrés?
    Tout simplement que la France a besoin des immigrés (du docteur Roumain en passant par le plombier polonais et l’ouvrier du batiment marocain) mais que la droite surf sur la peur de l’étranger et donc attise les braises.
    Il faut différencier deux actes politiques: la politique publique, le discours et en ce qui concerne l’immigration, ces deux actes entrent en contradiction

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