Les politiques vous souhaitent une bonne année… électorale

A chaque nouvelle année, le rituel est immuable, pour se perpétuer jusqu’à près d’un mois après la Saint-Sylvestre.

Tandis que nos foies peinent à retrouver meilleure mine et digèrent encore leur réveillon, les politiciens nous resservent encore et encore, de leur bonne vieille soupe de vœux, qui sent tout juste le réchauffé. Mais à quoi bon souhaiter le meilleur pour une année que tous annoncent comme la pire à venir ? 2012, année de la crise mais 2012, année de la présidentielle, surtout, les politiciens n’ont donc pas manqué de saisir la perche tendue.

Augmentation du chômage, du déficit, de la TVA, perte du triple A, récession, plan d’austérité, des entreprises qui ferment leurs portes presque toutes les semaines, et déjà beaucoup de salariés confiés à l’ANPE… Tous s’accordent à le dire, si 2011 a été une année « difficile », pour Dominique de Villepin, « sombre » et « noire », pour François Bayrou, il faudra être d’autant plus « courageux » pour celle à venir elle est vue comme « l’année de tous les risques, de tous les dangers » selon Nicolas Sarkozy, « l’année du changement » d’après François Hollande.

A l’origine, la traditionnelle présentation des vœux était réservée au Président de la République, mais aujourd’hui, avec l’irruption d’Internet dans le débat public, l’ensemble de la classe politique se doit d’emboîter le pas des « grands » d’antan, les De Gaulle, Giscard et autres Coty, en publiant leurs voeux en vidéo sur la Toile. Parfois avec fantaisie à l’image d’Hervé Morin qui a reçu un panel de Français à déjeuner à son domicile, lui qui avait présenté ses vœux pour 2011 depuis sa cuisine… Hors cette touche exotique, on a eu droit à un gros plan d’Eva Joly, pour qui 2012 sera l’année du « courage », mais aussi de la « justice » et de la « fraternité », un François Bayrou paternaliste, comme interrompu en plein travail, qui nous promet que « l‘on va s’en sortir », un Dominique de Villepin à la triste figure, qui a cependant, « confiance en le Peuple français » et un François Hollande qui en oublierait presque le 1er janvier tant il semble concentré sur sa campagne.

Bref, des politiciens peu rassurés et qui pourtant se veulent rassurants, tout en se rejoignant sur l’essentiel finalement : 2012 sera une annus horribilis au cours de laquelle il faudra serrer la ceinture, et faire un « choix ».

Benjamin Cerulli

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