Marine Le Pen et le Front national sont-ils sincères ?

Reconnaissance de l’horreur de la Shoah, main tendue à la communauté juive, sollicitation par Radio J, interview sur une radio israélienne, visite officielle d’une délégation FN en Israël et rencontre avec l’ambassadeur israélien aux Nations-unies : les signes avant-coureurs des efforts « normalisateurs » de l’extrême-droite française ne manquent pas dans l’actualité récente. Les déclarations de citoyens outrés devant les sondeurs ou les télévisions ne font que cacher de plus en plus sinon une adhésion, tout au moins une compréhension des idées revendiquées par ce parti.

La haine indistincte de « la finance », de « l’autre » et des « effets de la mondialisation » est devenue un thème très actuel dans l’inconscient de beaucoup d’électeurs. Le dernier sondage en date à ce propos (paru sur Le Monde) retenait que plus de 30% des électeurs pourraient aller voter pour Marine Le Pen. Explicite ?

Pourtant en y regardant de plus près, on se rend compte assez rapidement que le FN est loin d’être une structure « démocratique » au sens où nous l’entendons. Il suffit de s’intéresser à certaines personnalités proches du Front national ou à certains sympathisants du parti pour s’en rendre compte. Personnalités qui mettent en exergue l’ambiguïté du combat de la candidate frontiste pour « dédiaboliser » son parti.

C’est par exemple le cas de Serge Ayoub. Originaire de Seine-Saint-Denis, il fut autrefois défavorablement connu (sous le nom de Batskin) comme l’un des chefs du mouvement skinhead en France (et au Parc des Princes, en tribune) . Il fonda en 1987 les « Jeunesses nationalistes révolutionnaires » (JNR) et fut un sympathisant actif du GUD (milice étudiante d’extrême-droite extrêmement violente). Ses relations avec ces groupes néofascistes l’amèneront régulièrement à faire le coup de poing contre les « ennemis » constituées de divers groupuscules d’étudiants d’extrême-gauche (les Redskins). Après une rapide parenthèse au « Mouvement nationaliste révolutionnaire » (mouvement d’inspiration néofasciste), il sera membre pendant un certain temps de « Troisième voie » (un groupuscule nationaliste). Maintes fois incarcéré, il est considéré comme un conseiller écouté par Marine Le Pen, avec qui il aurait déjeuné d’ailleurs en tête en tête lors du traditionnel défilé du 1er mai, dixit Caroline Fourest, auteur d’un livre à charge sur le Front national (et à propos de laquelle on pourrait en dire beaucoup également, mais pas le sujet de cet article).

Le présence de Frédéric Chatillon est également intéressante. Ancien Président du GUD, il serait à l’origine du rapprochement entre Dieudonné et Marine Le Pen. De plus en plus visible avec la candidate FN,  il est un ami proche de Ginette Hess-Skandrani, cette ancienne membre du courant politique de Dieudonné (le Parti antisioniste), exclue des Verts pour ses positions négationnistes. M. Chatillon a d’ailleurs lancé un site de soutien au régime syrien, Infosyrie.fr, ou il défend la thèse d’un complot sioniste global visant à renverser les dictateurs arabes. Sa femme, qui partage d’ailleurs son « combat » serait l’une des meilleures amies de Marine Le Pen…

Enfin, il ne faut pas non plus oublier le danger que représente Alain Soral. Ce polémiste ultra-nationaliste est un habitué des dérapages qu’on pourrait qualifier d’antisémites et un adepte acharné des théories complotistes mêlant sionistes et financiers. Lui aussi proche de Dieudonné, il fut longtemps l’un des principaux conseillers de la Présidente du Front national, avant de se brouiller avec elle (la jugeant trop islamophobe et pas assez antisioniste). Très actif sur le Web, ses propos outranciers choquent jusque dans les rangs de l’extrême-droite.

In fine, ces relations sont des « cailloux dans la chaussure » qu’il faudra bien retirer un jour ou l’autre pour cette « bledarde » de la politique qui cherche tant un brevet de (plus grande) respectabilité institutionnelle. Rappelons à ceux qui pourraient avoir la mémoire courte qu’en 2011, lorsqu’un journaliste juif de France24 fut agressé tandis qu’il couvrait pour son employeur une réunion du Front national, Marine était montée en première ligne pour défendre les propos de son père Jean-Marie Le Pen. La teneur desdits propos était simple : « Ca ne se voyait pas qu’il était juif, même sur son nez ».

 Nathan Cahn

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky

2 Responses to “Marine Le Pen et le Front national sont-ils sincères ?” Subscribe

  1. veyrat 27 juillet 2012 at 5 h 58 min #

    mort aux sionistes ! mort au nouvel ordre mondial israeloamericain qui colonise la france ! la france aux francais ! vive les lepen ,vive alain soral !

  2. Jeremy Hureaux 27 juillet 2012 at 12 h 48 min #

    Un commentaire « fanboy » qui me laisse pour le moins perplexe, car dépourvu d’arguments constructifs qui nourrissent la discussion, et, in fine, la compréhension des uns et des autres.

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