La France n’est pas raciste

Pogroms, luttes fratricides, nettoyages ethniques et même génocides, autant de manifestations racistes aux quatre coins du globe dont nous n’entendons que très peu parler et qui pourtant font des centaines de milliers de victimes. La France nombriliste crie au scandale à cause de déclarations racistes et xénophobes sans se rappeler qu’à quelques kilomètres de sa frontière, ces indignations en feraient sourire plus d’un…

Dans l’Antiquité grecque, on se chargeait de désigner un bouc émissaire permettant aux citoyens d’expier leurs pêchés et à la cité de se purger de ses maux. La nature humaine ne semble pas avoir connu de réelle évolution depuis ce temps-là et les populations continuent à trouver leur souffre-douleur dans des minorités en s’acharnant sur elles avec plus ou moins de violence. La France est sujette à des manifestations idéologiques repoussantes pour les uns, attirantes pour les autres mais qu’en est-il des autres pays ? En Afrique et en Asie, tout comme aux Etats-Unis, le racisme est synonyme d’un tel acharnement que les écrans de France télévision semblent avoir du mal à en relayer les images.

Le génocide du Rwanda, un nettoyage ethnique

Rappelons-nous des évènements qui ont ébranlé le Rwanda en 1994, de nombreux esprits sortiront marqués par ce massacre à la machette qui a fait des centaines de milliers de civils tués en quelques mois. Pendant des décennies, cette région a étouffé les tensions interethniques qui rongeaient le pays avant que le génocide à proprement parler ne soit perpétré. De la fuite des pogroms au début des années soixante, aux campagnes anti-tutsis menées par le général Habyarimana en 1982 en passant par l’expulsion des réfugies par l’Ouganda, les Tutsis sont devenus depuis la moitié du siècle dernier la cible des répressions les plus atroces.

Ce sont les travaux ethnographiques réalisés par les Pères Blancs, missionnaires évangélistes au Rwanda, qui ont conduit à faire la distinction entre Hutus, Tutsis et Twas, mentions qui, dès 1931, figureront sur leurs pièces d’identité.

Ces groupes, contrairement à ce qu’on peut penser ne se distinguent ni par leur religion, ni par leur langue, ni par leur couleur et encore moins par leur culture, les échanges entre ce que sont devenues ces différentes « races » étaient très fréquents et la frontière entre un groupe et un autre était d’une porosité qu’il est aujourd’hui difficile de concevoir.

La minorité la plus persécutée au monde

‘‘All you can do is pray’’

Le 22 avril 2013, Human Right Watch publie un nouveau rapport intitulé : ‘‘All you can do is pray’’ faisant état de la situation alarmante en Birmanie. Depuis juin 2012, la minorité musulmane Rohingya est sujette à un réel massacre dans l’Etat d’Arakan.

La loi, elle, semble renforcer d’autant plus le racisme des Whiratu et le président Birman Thein Sein, lui-même, ne propose comme seule alternative que l’expulsion de cette population vers la Malaisie qui n’en veut pas, elle non plus. En attendant, ces populations sont apatrides, n’ont pas le droit à l’éducation, n’ont qu’un statut de réfugié où qu’ils aillent et de surcroît, se font tuer par centaines de milliers dans un conflit interconfessionnel sans fin.

Sur les réseaux sociaux, des indignés tentent de faire bouger la situation. @nslwin militant Rohingya n’hésite pas à montrer son désarroi sur la toile en partageant des images et des déclarations souvent affligeantes pour changer la situation, mais en vain.

‘‘Let’s kill some niggro’’

Lynchage, crime de haine et insultes raciales, tout cela semblerait n’être que l’éveil de la mémoire à l’écoute de Strange Fruit de Billie Holiday au Café Society et le triple K n’est pour la plupart qu’un très mauvais souvenir de la fin du XIXè siècle mais la réalité est toute autre. Ces WASPs haineux et racistes semblent avoir laissé en héritage un nom, une politique et un code vestimentaire qu’un groupe de jeunes américains de Memphis reprend avec joie. Toujours avec autant de violence, ils n’hésitent pas à semer la terreur en s’acharnant sur les « sous-races » qui ne méritent pas de profiter du confort que leur présente la société. Sous prétexte que vous soyez de couleurs, hispaniques ou arabes, les nouveaux partisans du KKK n’hésiteront pas à vous enduire de carburant et vous enflammer. Ces derniers prônent le « White Power » et déplorent un pays qui cherche à glorifier l’histoire des « niggros » avec Martin Luther King.

Dans les bois au fin fond du Mississipi, la mémoire de Nathan Bedford Forrest rassemble un groupe de jeunes américains derrière une seule et même idéologie : la Haine des autres.

Alors ? La France est-elle raciste ?

Le politiquement correct de la France bride les paroles de racistes qui visent des groupes bien définis. Il semblerait néanmoins que les langues commencent tout simplement à se délier mettant à la lumière du jour ce qui jusqu’à aujourd’hui n’a été que refoulé. Mais quelle est la solution alors ? Préférer ladite liberté d’expression qui autorise tout groupe à faire part de son ressenti malgré la sensibilité de nos cœurs et de nos oreilles ? Ou tout simplement réprimer des propos « racistes » et « fashos » en attendant que la soupape explose. Voilà un beau dilemme auquel la France est aujourd’hui confrontée…

Sofia Bensmail

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