Municipales 2014 : « ça balance pas mal à Paris »

L’élection n’est « que » dans un an et deux mois, en Mars 2014. Mais en coulisse, les esprits s’échauffent déjà. L’élection ? Celle des Municipales en 2014 à Paris. Les protagonistes ? Ces femmes et hommes politiques qui préparent la campagne. Un bataille qu’ils, ou elles, devront livrer en deux temps : contre leurs adversaires politique, mais également au sein même de leur propre groupe. A gauche comme à droite, l’idée d’une Primaire fait l’unanimité.  « Rive gauche » contre « rive droite », politique.com fait le tour, avec vous, des possibles candidats au poste.

RIVE GAUCHE

  • Anne Hidalgo, candidate providentielle ?

Même si l’idée d’une Primaire socialiste  « ouverte » en vue des élections municipales ne fait plus aucun doute au PS, l’alternative semble toutefois être simple. Une femme, Anne Hidalgo, adoubée par le maire de Paris pour lui succéder, et soutenue presque partout, presque par tous.  Peu de contestation autour d’une possible candidature de la première adjointe au maire de Paris. Cependant, une victoire à la Primaire lui permettrait de lui donner l’élan populaire et la visibilité qu’elle n’a pas encore. Relativement peu connue du grand public, une approbation populaire, par le vote des sympathisants, serait l’occasion pour elle de se défaire de cette image de « Dauphine » qui lui colle à la peau depuis le lancement de sa campagne, en septembre. Sa campagne, parlons-en : elle l’a lancé le 4 septembre 2012,  devant le Petit Bain, établissement flottant de la capitale. Devant une assemblée de 400 personnes, regroupant des proches, des élus et militants parisiens ainsi que quelques personnalités amies comme Raphaël Mezrahi, Ève Ruggiéri ou Laure Adler, elle n’hésite pas à multiplier les grandes annonces en comptant sur la mobilisation des classes moyennes, intra muros et à l’extérieur « du périph », son électorat, qui avait largement contribué à placer François Hollande en tête au second tour à Paris.

Seul adversaire potentiel d’Anne Hidalgo, le strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen, député du 13e arrondissement, n’a pas encore fermement dévoilé ses intentions. Malgré quelques déclarations suspicieuses, parmi lesquelles quelques invectives à l’encontre d’Anne Hidalgo, beaucoup lui prêtent l’intention de reculer si une occasion plus favorable se présentait. Pour l’instant, il se dit partisan de la primaire. Mais reproche à l’équipe d’Hidalgo de «tout faire pour qu’il n’y en ait pas».

  • Candidature commune ou …. pas ?

Si Anne Hidalgo est en bonne position, il n’y a pas de « boulevard » ouvert devant elle. Au contraire, elle devra se méfier d’une possible candidature d’EELV et du Front de Gauche, encore en pour-parler au sein de leurs QG. Les Assemblées Générales prévues au cours des prochaines semaines dans les deux camps devront d’ailleurs lever le voile sur ce qui est, pour l’instant, un mystère. Cécile Duflot a longtemps lorgné sur la mairie de Paris. L’hypothèse reste plausible pour celle qui a récemment été parachutée dans la capitale pour les législatives de juin. Mais si elle se confirme, la ministre du Logement devra choisir entre son ministère et Paris. Et le coeur pencherait pour le premier. Autre candidat, et adversaire,  potentiel : Pascal Durand, le Premier secrétaire d’EELV,  pourrait bien être tenté de prendre la tête des Verts, et entrer en candidature pour Paris si la Ministre se désiste.

Du côté du Front de gauche, va-t-on s’orienter vers une alliance avec le PS dès le premier tour, comme en 2001 et 2008 ? Ce serait surprenant. Si ce n’est pas le cas, le bras droit de Jean-Luc Mélenchon et élu du XIIe arrondissement, Alexis Corbière pourrait représenter la gauche de la gauche aux municipales. De son côté, la co-présidente du Parti de Gauche, Martine Billard, pourrait également représenter le Front de Gauche aux municipales.

L’exemple de Lionel Jospin en 2002 est bon : attention à la multiplication des candidatures à gauche, pour que la diversité et la pluralité ne soient le coup de grâce pour une Anne Hidalgo donnée pourtant favorite lors des premières estimations.

 

RIVE DROITE

Qui est pour une Primaire « ouverte » ? Pratiquement tout le monde. Longtemps sceptique sur l’intérêt de cette «mode» socialiste, même Jean-François Copé a fini par s’y rallier, y compris pour la désignation du candidat de la droite à mairie de Paris. Il suggère même d’aller très vite. Dès avril, si possible. En tout cas avant la campagne pour la tête du parti, qui commencera l’été prochain. Qui va y aller ? Il est fort à parier qu’ils seront nombreux. Même si Jean-Louis Borloo, président de l’UDI, a décliné l’offre le 29 janvier 2013 dernier, ils sont au moins trois ténors à briguer le poste. Tour d’horizon des potentiels candidats à la mairie de Paris dans les rangs de l’opposition :

  • François Fillon, à pile ou face.

C’est peut-être le candidat le plus à craindre pour Anne Hidalgo. Député depuis 1981 (il était alors le benjamin de l’Assemblée), ministre à plusieurs reprises (sous les gouvernements Balladur et Juppé) , ancien Premier Ministre, fidèle durant cinq ans, de Nicolas Sarkozy, François Fillon n’en est pas à son premier coup d’essai. Il a l’expérience et la popularité nécessaire pour l’emporter. D’autant que les analyses sont formelles : la mairie de Paris est « gagnable », même si les premiers sondages placent la première adjointe en tête. C’est jouable, c’est gagnable…. mais c’est risqué. Après le fiasco de l’automne dernier à la présidence de l’UMP, une nouvelle défaite lui serait peut-être fatale. D’autant que l’ancien Sarthois a d’autres ambitions, et ce n’est une surprise pour personne : il veut se lancer dans la course à l’Elysée en 2017. Il est pourtant disponible. Surtout depuis que Jean-François Copé lui a concédé des garanties d’équité et de transparence qui pourraient le dispenser de briguer de nouveau la présidence de l’UMP. «Il n’a plus aucune raison de ne pas se présenter à Paris», assure un de ses supporteurs. «Il lui faut un combat, celui-là est à sa hauteur», renchérit son ami Jean-François Lamour, député du XVe. Comme souvent, l’ancien premier Ministre réfléchit. Il serait question dans les prochains jours… de trancher.

  • Nathalie Kosciusko-Morizet, l’alternative ?

Considérée pour beaucoup comme étant le « plan B » idéal, si François Fillon venait à ne pas se présenter, Nathalie Kosciusko-Morizet s’est dite très « honorée » de cette place privilégiée. Elle ne veut cependant surtout pas faire croire qu’elle serait déjà candidate. Elle regarde, elle observe, elle écoute et prendra sa décision « plus tard ». Elle a pourtant beaucoup à gagner : « Paris donne des ailes » lui soufflent quelques uns de ses tentateurs, pour qui, l’exemple de Jacques Chirac, est celui à suivre. Elle est aussi la favorite des fillonnistes qui voient en elle la candidate parfaite en cas de désistement de l’ancien premier ministre. Non-alignée durant le douloureux épisode de l’automne dernier à l’UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet serait la candidate du rassemblement et de l’apaisement. Elle est en bonne place dans la course à la mairie de Paris, d’autant qu’elle « coche beaucoup de cases » selon ses partisans : de droite, mais pas trop, originale, avec une « vraie personnalité », à la frontière entre « les tradis et les bobos ». Bref, tout l’attirail nécessaire pour plaire aux Parisiens. Mais l’ancienne porte-voix du Président Sarkozy le sait : elle a également beaucoup à perdre. D’abord son fief de Longjumeau (Essonne), qu’elle a sauvé dans une victoire à l’arrachée lors des législatives de juin, contre le PS et le FN. Elle doit aussi se méfier des mauvais camarades de l’UMP qui verraient d’un bon œil l’ambitieuse NKM se brûler les ailes dans le guêpier capital. Comme François Fillon, l’ancienne porte-parole de Nicolas Sarkozy réfléchit. Elle pourrait prendre dans les prochaines semaines l’une des décisions les plus importantes de sa jeune carrière politique.

  • La surprise Rachida Dati ?

C’est tout l’avantage de la Primaire ouverte : tout le monde peut présenter sa candidature. Même les moins attendus…. Même les moins désirés. Longtemps en « guerre » contre François Fillon dans sa propre circonscription, le 7ème arrondissement de Paris, qu’elle doit laisser au profit de l’ancien Premier Ministre en juin dernier, Rachida Dati rejoint les rangs de Jean-François Copé. Elle est « le » symbole des plaies encore ouverte du fiasco de l’automne dernier. Ultime provocation, elle sera bientôt élevée par Copé au grade de vice-présidente de l’UMP. Mais qu’importe : elle veut se rendre incontournable. Si elle n’a pas beaucoup de chance d’être élue à l’heure actuelle, ni à la Primaire (les Fillonistes lui repprochant ses invectives), ni à l’élection (les Parisiens, lui reprochant son côté trop « glamour »), elle jouit néanmoins d’un avantage considérable. C’est la plus « parisienne » des candidates. Faute de candidat local providentiel, ni les vétérans de l’ère Chirac, comme les députés Claude Goasguen et Pierre Lellouche, ni les élus de la nouvelle génération, comme le copéiste Pierre-Yves Bournazel (XVIIIe arrondissement) ou la filloniste Marie-Claire Carrère-Gée (XIVe), à Paris plus qu’ailleurs, il y a une place à prendre. Rachida Dati l’a bien compris. Elle a d’ailleurs choisi d’investir la rue, en multipliant les portes à portes, les discours et en proclamant qu’elle sera candidate à la primaire. Une chose est sûre, à l’inverse de ses camarades de l’UMP, Rachida Dati n’hésite plus, elle se lance, et ne compte pas (plus) laisser sa place.

  • D’autres surprises ?

Si Rachida Dati est la première à s’être déclarée candidate, il en existe un second dans les rangs de l’UMP. Pierre-Yves Bournazel, conseiller du 18ème est entré en campagne mercredi dernier, avec la ferme intention « d’aller jusqu’au bout« . Le candidat a affirmé vouloir être un « maire à temps plein et non un maire tremplin« . D’autres, à droite, pourraient également être tentés. c’est notamment le cas de la  sénatrice de Paris, Chantal Jouanno, qui pourrait « y aller », surtout depuis que Jean-Louis Borloo, leader de l’UDI, s’y refuse. L’élue devrait alors disputer la tête de liste à Rama Yade, dont le nom circule également.

Jordan Allouche

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