La politique n’est passionnante que dans l’opposition !

La politique n’est passionnante que dans l’opposition !

Alors que les élections législatives divisent la France, petite mise au point sur un parti qui serait en manque de reconnaissance, au moins médiatique… 

Les enseignements de l’élection présidentielle.

Nicolas Sarkozy a orienté sa campagne à droite, très à droite. Mais il a perdu. Il laisse derrière lui, une France divisée idéologiquement, entre les mains d’un mollusque (pour les plus sévères à l’égard du Président actuel). Marine Le Pen peut s’enhardir de sa troisième place aux élections présidentielles. Six millions d’électeurs ont voté pour elle. Ces mêmes électeurs n’ont pas reporté leurs voix au second tour sur Nicolas Sarkozy. L’UMP n’a plus de leader et menace donc d’imploser. La gauche est passée au pouvoir. Objectif donc : faire figure d’opposition en lieu et place de l’UMP. Une seule solution : Rassembler dès les législatives autour du Front national et entrer par la grande porte à l’Assemblée nationale.

La candidate frontiste a surpris. Pour sa première participation à l’élection présidentielle, elle obtient 18% des suffrages. Soit autant que son père en 2002 (et en y incluant les voix de Bruno Mégret).

Un exploit selon les journalistes et autres observateurs de la vie politique française. Un exploit qui n’en est pas un ! Encore une fois, les sondeurs se sont trompés. A la veille du premier tour, ils nous prédisaient que Marine Le Pen serait au coude à coude avec Jean-Luc Mélenchon, aux alentours de 16%. Rien de ça ! Le Front de Gauche a explosé en vol, laissant à son leader un arrière-goût amer dans la bouche. L’extrême-gauche a certes ressuscité, mais n’a pas battu l’extrême-droite ! Un changement notable aux yeux des sondeurs de tous poils…

Nier le système pour mieux en profiter

Le 6 février 1934, une manifestation d’extrême-droite dégénère à Paris. On croit à une tentative de coup d’État. La République fait front. Il est question d’anti-fascisme. Pour y répondre, le Front populaire de Léon Blum. Un épisode historique qui ne va pas sans nous rappeler l’existence d’une extrême-droite extrêmement conservatrice, voire antisémite/ raciste ou encore homophobe à la veille de la Seconde guerre mondiale.

Aujourd’hui, c’est un nouveau front qui fait face à l’extrême-droite. Un front hypocrite, sectaire, aux réseaux illimités. Une coalition composé du Parti socialiste, des Verts, et du Front de Gauche. Une élite bien pensante qui s’insurge au moindre propos politiquement incorrect. Mais, à trop en faire sur cet angle, cette « caste » cristallise la rancœur et la colère de nombre de personnes. La gauche diabolise et insulte de « facho », quiconque utilise le mot « immigré » ! Pour un électorat populaire, en manque de repère et désarmé devant la mondialisation, le Front national est un bon parti.

Le Front national se pose donc en victime, comme son électorat. Il surfe sur la vague du « tous pourris ». Un jeu de dupes s’organise. La gauche crie à l’infamie et gonfle les rangs de l’extrême-droite pour affaiblir la droite traditionnelle et ainsi gagner les élections. Le parti se pose alors en victime du système et démontre son attachement à une république dont il se moque. En somme, le Front national devient un parti républicain dans la forme et sur le fond se radicalise.

Et si le Front National devenait un parti républicain ?

Pour Marine Le Pen, l’élection de François Hollande arrive à point nommé. En évinçant Nicolas Sarkozy du pouvoir, elle affaiblit la droite traditionnelle et se constitue en force d’opposition. Objectif : les élections présidentielles de 2017. La stratégie politique est rodée et le changement est en marche…

Tout d’abord, le parti change de nom provisoirement : «Rassemblement bleu marine». Objectif : rassembler diverses personnalités sans l’étiquette Front national pour les législatives. Un trompe-l’œil pour l’électeur mais une volonté de changer la face du parti, pour ainsi commencer une nouvelle histoire.

Ensuite, faire peau neuve au profit d’une nouvelle génération qui veut le pouvoir. Marine Le Pen, contrairement à son père, aspire à une carrière politique en tant qu’élue et non en tant que simple trouble-fête ! Pour preuve, elle s’entoure de Florian Philippot, jeune énarque de 30 ans, Louis Alliot, son conpagnon, ou encore Gilbert Collard, un avocat médiatique qui n’aime rien de plus que défendre le diable…

Enfin, Mazal Tov ! Jean-Marie Le Pen, président d’honneur et fondateur du parti est sur le déclin ! Cette épine dans le pied retirée, le Front National pourra s’enlever un fardeau historique. Adieu négationnisme et autres blagues racistes. La dynastie Le Pen est donc lancée…

Le Front National : aux présidentielles ça fait mouche ! Aux législatives, ça fait pschitt ! 

Petit bémol pour autant. Le parti s’est construit autour de trois personnalités politiques : Jean-Marie Le Pen, bien sûr, qui crée le parti en 1972. François Mitterrand qui fait rentrer le Front national à l’Assemblée nationale, en 1986. Et Nicolas Sarkozy, qui « recrée » sans doute des électeurs du Front national avec sa campagne très à droite.

Un couac pour les ambitions frontistes ! En d’autres termes, le Front national ne doit pas ses exploits aux présidentielles qu’à lui-même. Une constatation qui se vérifie au fil de l’Histoire. En 1986, Mitterrand fait entrer Jean-Marie Le Pen et ses affidés à l’Assemblée nationale, en adoptant une dose de proportionnelle aux élections législatives. Une stratégie payante puisque en 1988, la droite est divisée. Jacques Chirac (candidat RPR) peut l’emporter si Jean-Marie Le Pen lui reporte ses voix au second tour de l’élection présidentielle. Mais pour le leader frontiste, c’est choisir entre le «pire et le mal» (le pire, Chirac ; le mal, Mitterrand). Diviser pour mieux régner, une maxime que Mitterrand ne manquera pas d’utiliser pour gagner les élections de 1988.

Autre fait historique. Le fameux 21 avril 2002. Jean-Marie Le Pen arrive au second tour de l’élection présidentielle devant Lionel Jospin. Une première dans l’Histoire de la Cinquième République. Quelques temps après, malgré un score historique aux présidentielles, le Front national n’obtient aucun siège de député. Un camouflet ! Une analyse historique et politique démontrerait que ce 21 avril n’est qu’un accident… Une crise de la représentation politique avec 50% des électeurs se détournant des principaux partis de gouvernements, préférant ne pas voter, ou voter pour des extrêmes.

Si en 2007, Nicolas Sarkozy a su siphonner les voix frontistes pour l’emporter. En 2012, il s’est perdu dans cette stratégie. Alors, le Front national doit-il ce succès à lui-même ? Est-ce un vote d’adhésion ? Confirmation dès dimanche dans les urnes.

Anthony Bourget

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky
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Une réponse à “La politique n’est passionnante que dans l’opposition !” Subscribe

  1. Jordan 18 juin 2012 à 1 h 50 min #

    Georges Conchon, pour la référence de la Citation !

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