Un siège pour quatre…

Sans Ségolène Royal, défaite face au dissident Olivier Falorni et qui briguait la présidence de l’Assemblée nationale, la course au Perchoir est relancée. C’est mardi que les députés éliront le nouveau président de l’Assemblée nationale. Mais le suspens prendra fin dès cet après-midi, si les socialistes se mettent d’accord sur le nom du candidat. Le parti étant désormais majoritaire, il deviendra de facto le nouveau président de l’Hémicycle.

1) Elisabeth Guigou, une femme présidente ?

A 65 ans, celle qui a été élue députée en Seine-Saint-Denis veut être la première présidente de l’Assemblée nationale. Afin d’assurer une certaine représentativité féminine en tant que troisième personnalité politique institutionnelle, Elisabeth Guigou a donc toutes ses chances d’être désignée par son camp. Une candidature d’ailleurs soutenue par la patronne de la rue de Solférino, Martine Aubry, qui l’a publiquement encouragée. Seul problème, et de taille, Elisabeth Guigou est toujours l’un des symboles de l’ère Mitterrandienne. Si le changement c’est maintenant, comment faire « place à la nouvelle génération » avec l’ancienne ministre de la Solidarité ? En cas d’échec, elle viserait la présidence de la Commission des affaires étrangères.

2) Claude Bartolone

C’est le premier, au lendemain des législatives, à s’être déclaré candidat à la présidence de l’Assemblée nationale. Est-ce pour autant que cette rapidité va lui être bénéfique ? Le député de Seine-Saint-Denis, déçu de ne pas avoir obtenu le Ministère du Travail, vise le Perchoir comme lot de consolation. Mais le groupe socialiste répondra-t-il à son égo ?  Claude Bartolone qui mise sur son expérience (et son capital relationnel !) souffre néanmoins d’une complication qui pourrait contrarier ses plans : Bruno le Roux. Ce dernier a été élu à la tête du groupe socialiste à l’Assemblée nationale. Problème : Bartolone et le Roux viennent du même département, Seine-Saint-Denis. Ce qui a pour conséquence de ne pas représenter les intérêts provinciaux à la tête de l’Assemblée nationale.

3) Jean Glavany, le provincial

« Il n’y a pas que la Seine-Saint-Denis qui a bien voté » (NDLR : pour François Hollande) a déclaré Jean Glavany. Inutile de préciser à qui cette invective s’adresse… Claude Bartolone, bien entendu. Si Jean Glavany n’est pas le plus connu des candidats au Perchoir, il possède un atout majeur : son ancrage provincial. Député des Hautes-Pyrénées depuis 1993, il rappelle aussi qu’il se serait présenté contre Ségolène Royal, et donc que ce n’est pas une candidature de substitution. Une histoire qui n’est pas sans rappeler celle de François Hollande, qui s’était déclaré candidat bien avant « l’affaire Strauss-Kahn ». Mais comme Elisabeth Guigou, à 63 ans, il pourrait payer son passé Mitterrandien quand le PS cherche la modernité.

4) Daniel Vaillant, l’expérimenté

Personne ne l’attendait pour briguer ce poste. Pourtant, le député de 61 ans s’est bel et bien déclaré candidat à la présidence de l’Assemblée nationale. Deux problèmes s’imposent cependant à sa candidature : comme Jean Glavany et Elisabeth Guigou, il représente l’un des vestiges de l’ère Mitterrand, en tant qu’ancien ministre de l’Intérieur. De plus, s’il a un bon réseau sur l’ensemble du territoire, Daniel Vaillant est élu député… de Paris. Une entorse à la volonté de représenter la Province, si Daniel Vaillant venait à être élu. A sa décharge, il possède un très bon CV et un carnet d’adresses lui aussi de poids. En plus d’être un proche du Président de la République (un meeting commun à la rentrée 2011), l’ancien Ministre est considéré par certains comme un « stratège ». A tel point qu’il pourrait retirer sa candidature contre un poste important au sein de l’Assemblée, comme la Commission chargée des finances de l’Assemblée.

Jordan Allouche

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Autoproclamé "meilleur d'entre nous". Et si j'étais jaloux de M.Juppé ?

Aucun commentaire actuellement

Laisser un commentaire