Philippe Poutou. C’est quoi le malaise ?

Depuis le retrait de la vie médiatique du plus célèbre facteur de France, Olivier Besancenot, le NPA semble avoir disparu des radars. Son remplacement, par l’illustre inconnu Philippe Poutou, ne passe ni auprès des médias ni auprès des électeurs.

Symbole d’un crash électoral, le NPA et Philippe Poutou en tête stagnent dans les sondages. Avec 0,5% des intentions de vote des Français, la présidentielle est bien mal engagée. En témoigne  le dernier sondage OpinionWay – Fiducial pour Radio Classique et les Echos. On est loin, très loin, des 10% qu’avait obtenu « héroïquement » Olivier Besancenot en 2007. Sa force résidant dans son omniprésence dans les médias avec qui il liait une relation toute particulière. Olivier Besancenot, grâce à son parcours atypique et ses frasques qui lui son propre, c’était le « bon client ». Avec Philippe Poutou, ca ne fonctionne pas.

L’actuel candidat du NPA n’est pas un professionnel de la politique et n’a pas le bagou de son prédécesseur. Ses seules apparitions télévisuelles ne sont pas passées inaperçues. Mal à l’aise dans la très exposée émission de Laurent Ruquier sur France 2, mis en difficulté dans On est pas couché, timide aussi dans une interview accordée à Charlie Hebdo, le candidat est plutôt ressorti affaibli par sas prestation. Les critiques lui ayant notamment reproché de ne présenter aucune de ses propositions ni son programme au sujet du nucléaire… Pas anodin quand le sujet était alors « à la mode » dans le monde politique.  Philippe Poutou en est ressorti comme étant le candidat du « Je ne suis pas spécialiste ». Fatal, quand on prétend au plus haut poste de la République.

Et si ce n’était pas le « bon candidat » qu’il fallait au NPA ? La question est légitime. D’autant plus quand sait au départ le NPA cherchait plutôt une femme pour remplacer le célèbre facteur. « Une copine » confirmait Alain Krivine, l’ancien porte-parole de la LCR au JDD le 5 mai dernier. Les deux porte-parole Christine Poupin et Myriam Martin étaient pressenties pour succéder à Olivier Besancenot. Mais c’est finalement Philippe Poutou, 44 ans, qui a été investi pour représenter le NPA à la présidentielle, par 122 voix pour, et 50 contre. Soit presque 30% au sein même du parti politique qui ne voulait pas de ce Philippe Poutou.

Dans l’ombre du facteur

Hormis son manque de présence dans les média et une investiture contrariée, l’ouvrier de Blanquefort à un autre problème : il ne parvient pas à s’affranchir de l’image d’Olivier Besancenot qui colle à la peau du NPA. A la traine dans les sondages et à la recherche des 500 signatures, le NPA a besoin de visibilité. Même si Philippe Poutou est bien le candidat du parti, il a besoin de l’engagement du facteur le plus connu de France pour susciter le soutien des élus. D’où le retour d’Olivier Besancenot… Et le charismatique facteur arrive à la rescousse de son camarade.

Vendredi dernier marquait son grand retour. Sur Europe 1, Olivier Besancenot a affirmé que Philippe Poutou serait bel et bien candidat à la présidentielle de 2012. Ajoutant même que s’il ne parvenait pas à obtenir les 500 parrainages requis, le NPA « passerait au pied de biche ».  Un retour salué par l’ensemble des militants NPA, comme le retour du prophète…. Mais sera-t-il salutaire ? Il reste encore beaucoup de chemin à faire au candidat Poutou avant de l’affirmer. Parce que ne l’oublions jamais, la force vitale d’un parti passe essentiellement par son candidat.

Jordan Allouche

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Autoproclamé "meilleur d'entre nous". Et si j'étais jaloux de M.Juppé ?

Rétroliens

  1. BAROMETRE MENSUEL – Décembre 2011 | Politique.com - 3 janvier 2012

    […] Beaucoup plus haut dans ce classement, Philippe Poutou a vaillamment franchi la barre des 500 fans Facebook grâce à 86 clics sur « j’aime » au cours du mois de décembre. Peut-être grâce à notre article le concernant ? Va savoir…. […]

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