François fait sa révolution

FICTION

Comme chaque semaine désormais, retrouvez notre chronique de politique-fiction. Au programme, une rumeur : la possibilité pour François Hollande d’avoir recours à la dissolution de l’Assemblée nationale. Et une envie : celle, pour nous, de nous imaginer le jour de la dissolution.

8h : François est assis dans son fauteuil présidentiel. Le Monde, Libération, Le Figaro, tous sont unanimes : le changement c’est maintenant ! 10% d’opinion favorable : « Du jamais vu », « Impensable », « Dehors ! », les unes ne sont pas tendres voire agressives. Je ne gouvernerai pas avec les sondages, disait-il. Les mines sont graves, un silence glacial parcours le bureau Présidentiel. Il faut agir et vite, il ne s’agit plus de prendre du recul sur la situation, il faut trancher. Les conseillers s’agitent, les portables n’arrêtent pas de sonner, le conseil des ministres se profile. « Il faut nommer Valls Premier Ministre, Monsieur le Président ». Imprégné par l’idéologie Corrézienne, François sait ce qu’il veut : « J’annoncerai la dissolution de l’Assemblée à 13 heures ».

11h : Le conseil des ministres se termine. François n’était pas présent. En fait personne ne sait où il se trouve. La Presse n’a rien vu, les ministres défilent devant les micros. «  Il faut maintenir le cap » lâche Jean-Marc avec sa candeur incurable.

12h57 : Les caméras sont prêtes, la tension est palpable, cette allocution sera à coup sûr un événement.

13h05 : Il n’a pas tergiversé ni même cherché à rassurer. La bombe est lâchée. La rumeur avait tendance à courir à chaque parution de sondages ou de couacs au sein de la majorité mais personne ne pensait vraiment qu’il en était capable. Il y est allé tout seul, comme un grand.

14h : La Salle des Quatre colonnes est pleine. Les journalistes cherchent les ténors mais personne ne veut parler. En fait personne n’était prêt. Véritable cadeau empoisonné pour l’UMP, partie perdue d’avance pour la gauche, seul Gilbert et Marion jubilent.

14h10 : L’Assemblée est pleine, bruyante, Manuel manque à l’appel. Claude monte au perchoir, les hostilités peuvent commencer. Jean-François est le premier à frapper et s’adresse au Premier ministre. La tirade est longue, l’aile gauche monte en pression, les insultes fusent. « Vous en conviendrez, le Président doit démissionner ». Jean-Marc peine à répondre, les papiers volent, et voilà que la droite chante en cœur : « Hollande démission ». C’en est trop, les caméras ont arrêté de filmer, la séance est suspendue.

17h : Alors que l’ensemble des médias cherche déjà à faire les premiers calculs pour les législatives, une rencontre aussi improbable que secrète se tient dans un hôtel particulier rue Barbet-de-Jouy dans le VIIe arrondissement. L’assassinat de Kennedy n’a surement pas été aussi bien organisé. Retranché au fond d’un salon privé, autour d’un pain un chocolat et d’un café, Manuel cède à la tentation et croque la viennoiserie défendue.

23h : Le contraste est fulgurant. L’agitation qui a traversé la journée ne semble pas se retrouver à l’Elysée. François est calme. Il est sûr de lui, comme transcendé par son annonce. Méthode Ducan ou flamme politique ravivée, le costume de président semble enfin lui convenir. Il a déjà choisit son futur Premier ministre. Egarement d’un homme écrasé par le pouvoir ou stratégie politique fantastique, il attend l’homme providentiel en retard de trente  minutes. Son interlocuteur entre enfin, les deux hommes s’observent l’espace de cinq secondes sans rien dire. « Nicolas, assieds-toi, je t’en prie.. ».

Yann Quercia

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