L’atout « populiste » des candidats

L’atout « populiste » des candidats

Un populaire teinté de populisme semble s’ériger dans cette campagne présidentielle. Mélenchon, Le Pen, Dupont-Aignan aussi de sorte… Tous trois semblent apprécier son fumet. Ce ne sont pas les seuls : Nicolas Sarkozy et François Hollande aussi. Le premier a preferé envoyé ses émissaires, le second a choisi de s’emparer en personne du sujet. Deux choix, deux modes de fonctionnement. Décryptage.

C’était à Villepinte, le 11 mars dernier,  Nicolas Sarkozy surgit d’une des travées, ne fend pas la foule comme elle s’y attendait, reste seul, au milieu de l’allée puis serre des mains au travers des barrières au son des : « Nicolas, Nicolas ! » Après cinq minutes, le voici sur le rond central lumineux. Il s’élance et fait son discours. Toujours aussi seul. Non décidément, Nicolas Sarkozy ne semble plus goûter comme auparavant ces bains de foule. Il est un « Président présidentialisé ». Presque au sens « gaulliste » du terme, comme ont pu l’être avant lui Charles de Gaulle, Georges Pompidou et bien entendu, François Mitterrand. Loin d’être une critique, c’est un simple constat. Il préfère envoyer ses petits soldats, chantres du populaire, souvent à la frontière du populisme. Il le sait, il le sent, c’est comme ça qu’il récupérera comme lors du scrutin précédent pourquoi pas le vote Front national, ouvrier, celui que quelques-uns appelleraient le vote d’en bas ! Balkany, Estrosi, Hortefeux, Lefèbvre et bien entendu… Nadine Morano.

Elle fait rire, elle fascine, elle énerve… mais tout le monde sait qui est Nadine Morano. La très sarkozyste ministre est connue pour ses sorties fracassantes. L’élue de Meurthe-et-Moselle correspond finalement assez bien à sa caricature des Guignols, capable de montrer les crocs à n’importe quel moment pour défendre son champion, Nicolas Sarkozy. Elle aboie ses convictions, les défend avec force, à ses propres dépens s’il le faut. Nadine Morano, c’est ça. C’est d’abord la groupie de son champion. Grande gueule, remarquée pour sa franchise et une gouaille qui confine à la maladresse, elle tient ses positions dans les médias comme sur le web (et l’affaire de l’achat supposé de « followers » sur Twitter).

Apéro, saucisson, tweets semblent des mots qui lui vont bien mieux au teint que diners mondains, salons germanopratins et petits fours champagne. Elle n’est pas non plus la garante de la langue française, celle de Molière et de Maupassant.  La preuve aujourd’hui encore, reprenant une expression de son idole (2007) Nadine Morano va, elle, chercher les voix avec les dents.  En guise de conclusion de son meeting le 4 avril dernier, elle a invité militants et sympathisants à multiplier les apéritifs. Voilà, Nadine Morano c’est ça. C’est la carte « peuple » du Président Sarkozy et peut-être bien aussi son atout « populiste ».

S’affirmer dans ses actes proche du peuple, c’est bien, le satisfaire à tous prix… un peu moins… A gauche, c’est François Hollande qui joue bien entendu cette carte « proche du peuple et de ses préoccupations », comme avaient pu le faire en leur temps Ségolène Royal et le Nicolas Sarkozy de 2007. Au Bourget, à la Réunion, à Rennes, il n’a cessé de flâner et serrer des mains tendues avant d’arriver sur scène, s’entourant d’une bordée de jeunes socialistes présents tout autour. Tandis que pour Nicolas Sarkozy, la partie sera rude, confronté à cette permanente  cristallisation autour du rejet de sa propre personne, restant pour beaucoup le Président à la Rolex, du Fouquet’s se prélassant sur le yacht de son ami Vincent Bolloré, le puissant capitaine d’industrie… Les Français le lui pardonneront-ils ? …  J- 16.

Jordan Allouche

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Autoproclamé "meilleur d'entre nous". Et si j'étais jaloux de M.Juppé ?

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