Cheminade a ses 500 signatures. Mais qui es-tu Jacques ?

Jacques Cheminade Jacques Cheminade

Jacques Cheminade a annoncé ce mardi 31 janvier 2012 qu’il dispose dès à présent de plus de 500 promesses de signatures dans la course à la prochaine présidentielle. Il en a profité pour exposer aujourd’hui son programme lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à Paris. Lumière sur un candidat et un programme méconnus des Français.

Il faudra (aussi) compter sur lui. Alors que pour beaucoup la victoire se jouera parmi les quatre du peloton de tête (Sarkozy, Hollande, Bayrou et Le Pen si elle atteint bien le prérequis des 500 signatures, comme il est probable), Jacques Cheminade entre donc dans la course.  Il n’en est pourtant pas à son premier coup d’essai. Il avait déjà tenté de se présenter aux cinq dernières élections présidentielles, et a réussi à franchir le barrage une fois, en 1995. Il avait recueilli exactement 84.969 voix, soit 0,28% des suffrages. En dépit de ce maigre score,  il se forge un caractère tandis que sa volonté d’existence sur la scène politique est décuplée. Mais peut-être pas suffisamment pour le grand public, qui ne connait son nom que depuis ce matin (et encore). Pourtant, M. Cheminade a un programme clair et net, défini et défendu depuis des années de vie politique. Le président du parti Solidarité et Progrès propose notamment l’interdiction stricte du cumul des mandats, l’instauration d’une TVA sociale, la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG ou encore la séparation des banques de dépôt de celles d’investissement. Des sujets aussi techniques qu’importants. Rien à voir avec ces autres « petits candidats » qui défendent une vision particulière (corporatiste ?) tels Maxime Verner ou d’un Eric Cantona. Lui se bat pour être Président de la République. Si si.

Il n’ne reste pas moins qu’il a lui aussi son cheval de bataille : un combat à mener contre le « monde de la finance ». Ce diplômé d’HEC et de l’ENA (promotion Jean-Jaurès 1969), ancien fonctionnaire au ministère des Finances, avait annoncé sa candidature en juin 2010. Sur son site officiel, il y affirmait déjà sa volonté de «mettre hors d’état de nuire le système financier prédateur en séparant les banques de dépôt et de crédit des banques d’affaires», d’«arrêter de nourrir un cadavre financier en imposant aux peuples l’austérité économique et le saccage social» et de «remettre l’économie physique au service de l’homme grâce à un système de crédit productif public organisé autour d’une Banque nationale». Similitude avec le discours de François Hollande au Bourget (« qu’un adversaire : le monde de la finance »), mais aussi finalement bien dans l’air du temps (Mélenchon, Montebourg, Le Pen etc.).

Un dangereux passé ?

Au moins de quoi susciter la curiosité…. «Pour qui roule Jacques Cheminade ?», s’interrogeait ainsi Libération, notant que son parti entretenait «une réputation de secte», avec ses thèses inspirées du «richissime homme d’affaires américain Lyndon LaRouche, anglophobe confirmé, ancien trotskiste, puis fondateur du groupuscule d’extrême-droite US Labour Party ». Aujourd’hui, Solidarité et Progrès affiche toujours sur sa page d’accueil le portrait et des articles vantant les idées de Lyndon LaRouche, qui s’est distingué ces dernières années en comparant par exemple la réforme de la santé de Barack Obama à la politique sanitaire d’Adolf Hitler.

Jacques Cheminade a par ailleurs été condamné à quinze mois de prison avec sursis pour vol en juin 1992, pour avoir perçu au titre de trois associations 1,2 million de francs d’une vieille dame atteinte de la maladie d’Alzheimer. Cette peine avait été réduite en appel à neuf mois en octobre 1995, durée de peine couverte ensuite par la loi d’amnistie du 3 août 1995.

Va-t-il réussir à se débarrasser de ce sparadrap qui le colle depuis 1995, couplé à une notoriété proche du zéro ? Jacques Cheminade aurait en tout cas réussi son premier pari : obtenir 500 signatures. Pourquoi ne pas réussir le second ?

Jordan Allouche

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