1, 2, 3, COMPÉTITIVITÉ !

Le mot est sur toutes les lèvres et les politiques ne parlent plus que de ça. La compétitivité. La remise du rapport Gallois lundi 4 novembre au gouvernement Ayrault a relancé le débat sur cette question houleuse. 

Décrit par certains comme un «choc de compétitivité», ce n’est toutefois pas la sémantique retenue par son auteur Louis Gallois, pour qui le rapport apporte non pas un choc de compétitivité mais un «choc de confiance». Face à des salariés de plus en plus inquiets au regard de l’état dégradé du marché de l’emploi, au scepticisme européen sur notre politique hexagonale, aux critiques partisanes que subit la gauche depuis plusieurs semaines, le rapport Gallois ne peut être perçu comme la solution toute faite aux problèmes de la France en matière d’économie et d’emploi.

Pour Gerhard Shröder (ex-chancelier allemand) « Les promesses de campagne de Francois Hollande finiront par se fracasser sur le mur des réalités économiques ». Pas très encourageant. Christophe Barbier (directeur de l’Express) a lui aussi exprimé certaines réserves sur ledit rapport, qui n’a pour lui rien de très révolutionnaire. Le gouvernement Ayrault n’aurait- il pas troqué la gravité de la crise contre une meilleure visibilité de son action au travers du rapport Gallois ? Ce qui est certain, c’est que cette leçon germanique n’a pas été vue d’un bon oeil depuis les bureaux élyséens.

 En quelques mots, parmi les 22 propositions que contient le rapport Gallois, c’est le coût du travail qui est principalement visé. Y est préconisée une baisse des charges sociales de l’ordre de 30 milliards d’euros, sur deux ans au plus. La mesure s’appliquerait sur les salaires allant jusqu’à 3,5 SMICs. Cette baisse serait répartie entre 20 milliards de baisse des charges patronales et 10 milliards de baisse des charges salariales et prendrait la forme d’un crédit d’impôts. Pour financer cette entreprise, une hausse de plusieurs impôts (certains taux de TVA entre autres fiscalités, et la Contribution Sociale Généralisée (CSG)) et une économie budgétaire de 10 milliards par des réductions dans les dépenses publiques. A première vue, le rapport n’a pas suscité l’unanimité au sein du gouvernement sur un dossier qui selon le Président n’«engage que son auteur».

Plus généralement la question posée est celle de la réalité d’un problème de coût du travail en France. Pour Jean Claude Mailly (secrétaire général de Force ouvrière) interviewé dans le Parisien lundi 5 novembre, «Il n’y a pas de problème de coût du travail».  La carence se situe au niveau de la compétitivité hors coût c’est à dire de l’innovation, de l’investissement, de la recherche entre autres.

Le rapport Gallois et sa baisse de charges indirectes semble conduire à une issue incertaine. Nul ne sait ce que feront les entreprises de ce crédit d’impôts. Les effets bénéfiques pour l’emploi ne pourront être que secondaires car ils dépendent d’une amélioration, incertaine encore à ce jour, de la compétitivité des entreprises françaises. Or la France a besoin d’un choc, d’un bouleversement de son système productif. Elle ne peut plus tergiverser, il faut trancher.

 

MEMO :

Quelques chiffres :

TVA principale : 19,6% => 20%

TVA réduite : 7% => 10% (logement, restauration…)

TVA sur les biens de première nécessité : 5,5% => 5%

Un article à retrouver sur Le Tatou.com 

Astrid Seguin.

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky

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