Régis Debray sniffe du socialisme pur

Il est revenu ! Régis Debray, drogué au communisme soft, alcoolisé à une vision possible d’un socialisme protecteur, déclare sa flamme à Jean-Luc Mélenchon.

Nous ne sommes jamais les mêmes. Que nous exercions une activité artistique, avec l’impression commune de marginalité torturée que l’on s’attribue volontiers, ou que nous soyons en échange avec des quidams de la vie de tous les jours, il nous est toujours utile de rappeler, sur ce site web portant le nom de l’arène qui régit notre société, que la sphère dans laquelle nous évoluons suscite, lectrices (j’espère) et lecteurs, des interrogations.

Oui, la flamme de la littérature, de l’essai, du conte et même de la romanesque autobiographie nous rappelle combien l’urgence de vérité constitue le fondement même de ce qu’on appelle chèrement la démocratie. « Demos », le peuple. Le peuple, celui qui décide, celui qui se décide, celui qui se forge une opinion claire et lucide, sans ambages sur l’avenir du monde. C’est ce que rappelle avec brio (brio !) Régis Debray.

Le choix résolu d’une orientation politique

Ayant toujours revendiqué son appartenance au collectivisme hexagonal, ce penseur ouvert à tous les débats revendique, à travers son essai « Rêverie de gauche » (essai, Flammarion, 10 €), qu’une alternative est possible, qu’il ne faut pas en avoir peur. Nostalgique d’un temps que les moins de 20 ans (plus jamais moi, argh !) ne peuvent pas connaître, il convoque les forces de l’esprit et du programme commun de gouvernement cher à Georges Marchais (PCF) et le légendaire François Mitterrand. Il tire à boulets rouges (c’est le cas de le dire) sur la modernisation à outrance de l’idéal socialiste en 2012, qui n’est plus un idéal, selon lui, mais une déception social-libérale sans cesse réactualisée.

Et je le rejoins : par pitié, la gauche du socialisme, revenez à un programme historique, avec de grandes orientations, une protection assumée, une rupture avec l’ordre établi ! La gauche est-elle des « Inrocks » plutôt que de « l’Humanité » ? « Le Monde » et son supplément « business » ne devrait-il pas être combattu avec des cris d’orfraie ? Que nenni. On laisse cheminer tranquillement le libéralisme rose pâle, en enterrant sournoisement l’habitude des bourrades dans le dos, des réunions de contestation dans d’arrière-salles enfumées de fédérations de partis… Jean Monnet, Léon Blum, Jaurès, et même Michael Jackson, revenez, ils sont devenus fous !

C’est pourquoi Debray, dont l’ouvrage « Rêverie de gauche » sonne comme un manifeste de soutien à la doctrine de Jean-Luc Mélenchon, a tenu à vous expliquer, à nous expliquer, en quoi un autre socialisme est possible. Et comme il le dit si bien : « Je continue de croire au forum d’hommes et de femmes épris de justice, capables de rester fidèles à leur intégrité, leur langue, à leur raison d’être. A vous de montrer que ce rêve n’a rien de chimérique.

Mounir Belhidaoui

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Passionné de la vie publique et ses méandres, coordinateur du site Politique.com Twitter : @politique

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