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LE CARBURANT, LA GROGNE ET LES TAXES - 10 juin 2008 -

Le baril de brut atteint des sommets astronomiques. A la pompe, c’est indécent. Ce n’est pas parti pour s’arranger, pour la raison que ce n’est pas conjoncturel : spéculation et raréfaction font que c’est structurel. Ceux qui en consomment s’indignent, manifestent avec tapage, veulent un dégrèvement de taxes.

Normalement, le prix du carburant s’intègre dans le prix de leurs prestations ou de leurs produits, comme tous les autres coûts. Ainsi le poisson sauvage pêché en mer devrait arriver sur les étals à un prix plus élevé. Pourquoi pas ? Mais c’est qu’il est concurrencé par le poisson d’élevage, qui consomme moins de carburant, et que le consommateur aura de plus en plus tendance à préférer pour des raisons de prix. Les marins pêcheurs demandent donc une faveur à l’Etat. Comme le baril ne baissera pas jusqu’à passer le gazole en dessous du niveau de la faveur demandée, cela revient à subventionner pour l’éternité une activité qui autrement disparaîtrait peu à peu pour raison de non compétitivité économique.

Nous avons ainsi vu succomber bien des corporations, et évoluer bien des métiers. Il y a quelques centaines de milliers d’années ceux qui trouvaient les protéines en chassant des animaux sauvages : ils furent finalement périmés par ceux qui avaient trouvé comment les capturer et les élever. Ne nous restent que des chasseurs qui nous ravitaillent en gibier, un luxe facultatif pour gourmets qui font la différence entre déguster et se nourrir. Ne devrait-il pas en être de même un jour de la pêche ?

Sans doute que non, puisque sa condamnation économique sera reculée par les subventions et les avantages fiscaux inaccessibles à d’autres. Or les deux ne sortent pas de la cassette de l’Etat présumée inépuisable, mais des impôts que sociétés et particuliers y versent pour l’alimenter. Donc, en clair, nous allons voir nos contributions consommées pour maintenir à flot une activité que l’un de ses ingrédients, le carburant, est en train de condamner irrémédiablement. Ce n’est plus rentable, c’est maintenant inaccessible, mais personne n’aura le courage d’en formuler le verdict et d’organiser soigneusement une diminution progressive bien programmée. Nier le problème est plus simple, et engendre moins d’impopularité.

Evidemment, les autres corporations consommant du carburant s’engouffrent dans la réclamation, et l’octroi à l’un ne fera qu’exacerber la réclamation des autres : " pourquoi lui et pas moi ? ". Nous allons donc payer plus d’impôts pour que le prix des taxis augmente moins que ce que dicterait le prix de leur carburant, et même chose pour les marchandises transportées par les routiers. Ce qui ne sera pas dans la facture sera dans la taxe.

La logique serait de réduire d’autres budgets pour que les contributions demeurent les mêmes. Mais il faudrait encore sacrifier les Armées (habitude qui s’avère catastrophique quand on en a besoin et qu’on découvre trop tard qu’on ne les a plus) ou travailler l’efficacité et la productivité, ce qui permettrait de réduire le nombre des fonctionnaires. Mais c’est impossible, la rue l’interdit.

Quelle est la solution ?

JP, l’avocat du diable.

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- Fonction publique
- Productivité
- L'âge de la retraite
- Solidarité nationale
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- Crise du logement
- Position des femmes
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- Chiffres de la croissance
- Derrière les OGM
- Effectifs de l'Education nationale
- Le Tibet, la Chine et la flamme
- Le carburant, la grogne et les taxes
- Ingrid Betancourt, la tragédie et la tragédienne

Sources : Politique.com, JP "L'avocat du Diable"

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