Sur cette épineuse question, beaucoup s’interrogent, le plus souvent tout bas, parfois plus haut comme le chef de la CFDT François Chérèque le 13 mars :
Est-il normal que les retraités contribuent moins à l’effort de solidarité que les salariés qui ont 1.000 ou 2.000 euros de revenu mensuel avec charge de famille ?
Il faut bien dire que l’équation est complexe : les retraités représentent un vivier d’électeurs qui pèsent lourd : près d’un tiers des votants, 15 millions de personnes au bas mot, et souvent plus déterminés à se rendre dans les urnes que les actifs. François Hollande comme Nicolas Sarkozy, mais ce ne sont pas les seuls, se refusent à envisager la moindre proposition qui puisse faire penser à un tour de vis à cette frange de la population.
Entendons-nous bien : il ne s’agit pas ici de faire une tribune vociférante contre nos anciens, tout comme quiconque j’éprouve indulgence et grand respect envers tout ce qui porte les cheveux gris. Cependant la réalité est bien que l’héritage économique des « enfants des Trente glorieuses », période de prospérité générale pourtant sans guère de précédents historiques, est mince : chaque enfant qui naît en France serait affublé « dès le départ » d’une dette de 20.000 euros. Nos parents n’auraient tout bonnement pas agi « en bons pères de familles » comme la situation l’exige, théoriquement.
Un consensus économique s’est fait pour estimer que le niveau de vie moyen d’un retraité correspond environ (95% aujourd’hui, pour 100% en 2006 !) à celui d’un actif. En effet, une étude de la DREES (service statistique des ministères sociaux) relève par exemple que la pension moyenne est de 1.216 euros, chiffre qui ne prend pas en compte l’ensemble des revenus. S’ajoutent en effet les revenus du patrimoine (70% des retraités sont propriétaires – 57% chez les actifs – ; pic patrimonial entre 60 et 69 ans ; pour une moyenne en 2010 d’un peu moins de 350.000 euros), l’absence de famille à charge au sens fiscal du terme pour la plupart… La Drees relève donc que le niveau de vie moyen d’un retraité en 2009 (chiffres les plus récents) s’est établi à 22.560 euros.
A cette situation de fait s’ajoute aussi des considérations fiscales non-négligeables, à savoir :
- un abattement pour le chiffrage de leur impôt sur le revenu de 10%,
- l’octroi d’une exonération de l’impôt sur le revenu des majorations de retraite pour les parents d’au moins trois enfants,
- des taux réduits de CSG (entre 3,8 et 6,6% contre 7,5% pour les actifs),
- une variété de dispositifs fiscaux d’exonération, sur les dépenses liées à la dépendance, les plus-values immobilières ou encore les impôts locaux.
Plus qu’une demande de remise en cause de tels privilèges, que d’aucuns pourraient considérer d’ailleurs comme « justifiés moralement », et puisque rien dans les propositions de la présente campagne ne s’y rapporte, il appartiendra à l’après-2017 de choisir un modèle de société qui soit peut-être plus juste pour les jeunes générations.
En savoir plus
Economie, sur LesEchos.fr : retraités, un silence trompeur
Economie, sur Challenges.fr : le coût des régimes spéciaux de retraite
Vidéo France 3 – Youtube : Anne Roumanoff, Radio Bistro, les retraites
Je suis retraitée, j’ai commencé à travailler à 16 ans.Je touche exactement 1365€ mensuels. Je n’ai pas fini de payer ma maison et après toutes déductions faites, il me reste 300€. Quand je peux, j’aide mon fils qui ne vit pas avec moi mais qui n’est qu’apprenti. J’ai travaillé toute ma vie et je ne pense pas avoir spolié les générations futures.
qu’ils arretent de faire des calculs d’aphoticaire
que l’on paye les retraites de ceux qui ont travaillé et aidons ceux qui n’ont pas eu de bol
par contre pour les retraites dans 40 ans ok pour ceux qui onrt bosser et zéro pour les fainéants
ras le bol de payer pour les assistés palmés et fainéants de surcroit
il y a du boulot en France il suffit d’etre courageux et d’avoir envie de gagner de l’argent par sois même
pour ma part je me fait ma retraite moi même
Que ceux qui ont vécu à crédit sur le dos des jeunes générations, c’est à dire « nos vieux », fassent leur part.
Croit-on vraiment que c’est encore aux plus jeunes de payer pour eux encore plus qu’actuellement ?
Croit-on vraiment que ces mêmes jeunes connaîtront la même retraite paisible que leurs aînés, à 60 ans ?
On se fout de notre gueule, et on n’ose pas le dire.
Triste.