La Russie est de retour

Welcome back !

Après une longue période de bridage de ses moteurs économiques et géopolitiques, la Russie est de retour. Elle s’installe progressivement aux manettes décisionnelles de la globalisation en cours. 25 ans après la chute du mur de Berlin, l’ancien empire soviétique retrouve de sa splendeur. En témoigne les 36 milliards d’euros investis dans les Jeux Olympiques, faisant d’eux les jeux les plus chers de toute l’Histoire (dix fois le budget de l’Albanie et de la Moldavie réunies). Une somme faramineuse à laquelle viendront s’ajouter 31,5 autres milliards qui s’apprêtent à être investis dans la prochaine coupe du monde de football qu’elle organisera en 2018. Autre indice : Le président russe Vladimir Poutine a dépassé son homologue américain Barack Obama et occupe la première place du classement Forbes 2013 des personnes les plus puissantes au monde. Un classement qui a le goût et l’odeur de l’affront : assiste-t-on à une nouvelle Guerre Froide ?

Ce serait trop simple ! Ce clinquant retour dans le champ international est avant tout l’indice d’un nouvel ordre mondial. A Moscou prédomine d’ailleurs une vision essentiellement géopolitique des affaires internationales –vieille tradition en Russie. Depuis 1996, le programme central et officiel de la politique extérieure est de renforcer la tendance à la multipolarité dans le monde. Objectif : réduire graduellement l’unilatéralisme américain.

Pari réussi en partie, puisqu’un bouleversement des équilibres globaux s’opère à l’heure où ces mots sont écrits. L’Occident perd son « monopole de l’Histoire » à la faveur des nouveaux leaderships du XXIe siècle (Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud, etc.) parmi lesquels figure en bonne position la Russie. Plus qu’une « vengeance » sur l’ennemi d’hier, la Russie veut surtout redevenir un « Global Player ». En d’autres termes : une nation qui pèse sur le plan international autant, voire plus, que les nations « traditionnelles » (Etats-Unis, Europe et Japon principalement). A ne pas confondre avec le « retour de l’empire soviétique », car l’idéologie communiste, qui en était sa pierre angulaire, appartient aux archives.

Au cours des derniers mois, le Kremlin a placé ses pions sur la scène internationale. En se plaçant du côté du droit international d’abord, la Russie a réalisé deux coups de maitre. 

En août 2013, elle offre l’asile à l’informaticien américain Edward Snowden, auteur de fuites retentissantes sur les systèmes de surveillance numérique de l’Agence nationale de sécurité américaine (National Security Agency, NSA). La Russie a pu, dès lors, apparaitre comme l’une des rares nations capables de résister aux exigences de Washington. La Chine elle-même s’était défilée, suivie par le Venezuela, l’Equateur et Cuba, qui ont multiplié les faux-fuyants.

Le véritable succès de la Russie est surtout d’avoir joué les chef d’orchestres dans le dossier Syrien. En arrachant la promesse à M. Bachar Al-Assad de détruire, sous contrôle international, toutes les armes chimiques, elle est parvenue à éviter une expédition militaire aux conséquences redoutées.

On connaît la Russie clinquante à Sotchi, décisive dans le dossier Syrien, rebelle en accueillant Edward Snowden. Elle peut aussi se montrer belliqueuse. 

Comment ne pas citer les événements récents en Crimée ? En s’arrogeant le droit d’intervenir sur ce territoire, ancienne République socialiste soviétique autonome de Crimée (ASSR) qui faisait partie de la grande URSS, Moscou a entraîné les Occidentaux dans une confrontation inédite depuis la guerre froide. « Sébastopol », « détroit de Kertch », « mer d’Azov »….  Autant de noms qui sonnent bon les événements du passé. Il faut dire que l’enjeu est stratégique : le détroit de Kertch relie la mer Noire à la mer d’Azov où se trouvent les ports russes de Rostov sur le Don, Taganrog et Yeisk. Il est pratiquement impropre à la navigation car trop peu profond pour le tirant d’eau des cargos et autres gros navires, sauf…  au niveau du chenal Kertch-Enikal qui est dans la zone portuaire du port ukrainien de Kertch !

Comment, encore, ne pas rappeler qu’en août 2008, la communauté internationale s’était retrouvée impuissance face à  la guerre éclair menée par les Russes pour s’emparer des provinces sécessionnistes géorgiennes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud.

L’heure semble avoir sonné pour le grand rééquilibrage obstinément recherché par le Kremlin. Mais à quel prix ? Celui du sang ou du fric ? Les succès russes dans le dossier Syrien et celui d’Edward Snowden, dans l’organisation de « banquets sportifs » à l’échelle mondiale, comme ses ingérences en Ossétie du Sud ou en Crimée sont autant d’indices qui entretiennent l’ambigüité. La Russie, ange ou démon ? C’est ce que l’équipe de politique.com a cherché à savoir à travers une myriade d’articles.

 

за ваше здоровье

(za vache zdorovie)

tchin !

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Autoproclamé "meilleur d'entre nous". Et si j'étais jaloux de M.Juppé ?

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