Ces salafistes qui terrorisent la Tunisie

Les attaques d’islamistes radicaux ne fléchissent pas en Tunisie. La lutte se poursuit entre les musulmans salafistes, qui désirent appliquer à la société leur vision radicale de l’islam, et les musulmans plus modérés qui ne veulent que détourner, ou oublier un peu du moins, certains préceptes barbares.

Quel printemps arabe pour la Tunisie ?

Depuis la chute de Ben Ali, les villes tunisiennes vivent sous la terreur des salafistes, qui s’en prennent maintenant depuis plusieurs semaines aux villes du nord-ouest et du centre de la Tunisie. Après les scandales dans les universités pour imposer le port du niqab ou devant les tribunaux afin de condamner une chaîne de télé pour avoir diffusé un film « blasphématoire » selon les fanatiques, les actions criminelles perdurent. Entre les attaques d’immeubles administratifs, de bars, de commerces, l’opposition permanente aux forces de l’ordre, le saccage de postes de police ou d’hôtels, ou encore les efforts pitoyables pour faire interdire une simple exposition artistique jugée « offensante », les salafistes montrent qu’ils n’ont peur de rien. Armés de sabres et de bâtons, selon l’agence TAP, ils appellent régulièrement au djihad en mettant le feu et en pillant de nombreux commerces. Sans oublier l’incitation à la haine des autres populations non musulmanes du pays…

Le 20 mai dernier, une manifestation djihadiste à eu lieu à Tunis : des milliers de Tunisiens supporters d’Oussama Ben Laden se sont rassemblés en l’honneur du terroriste islamiste. Selon le prêcheur Moktar Jbeli (qui parle dans la vidéo), chaque musulman est un djihadiste dans l’âme, Obama est « un singe » et comme d’habitude, les juifs y sont forcément pour quelque chose.

http://www.youtube.com/watch?v=TikEcT1DgEU&feature=player_embedded

Abdessatar Ben Moussa le président de la Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l’Homme a notamment déclaré : « Des groupes violents et hors la loi propagent la terreur et agressent physiquement et moralement des femmes, des intellectuels, des journalistes, des créateurs, des syndicalistes, des politiciens ainsi que des militants des droits de l’Homme ».

Une réponse du gouvernement ?

De nombreux partis politiques tunisiens ont dénoncé les actes de ces extrémistes islamistes, et appelé la société civile à rester « vigilante » face aux violations des libertés qui menacent la stabilité du pays.

Mais qu’en est-il vraiment de la réaction du prétendu « modéré » gouvernement Ennahda ? Car les autorités tunisiennes ne se sont pas spécialement levées pour défendre l’exposition artistique par exemple. Le ministre de la Culture Mehdi Mabrouk a même annoncé mardi qu’il allait porter plainte «pour atteinte aux valeurs du sacré» (!) contre les organisateurs. Ennahda, qui domine l’Assemblée constituante, a donc annoncé qu’il allait promulguer une loi contre le blasphème.

«Les symboles religieux sont au-dessus de toute dérision, ironie ou violation», écrit le groupe Ennahda dans un communiqué, en ajoutant : « Les libertés d’expression et de création, bien que reconnues par le mouvement Ennahda, ne sont pas absolues et ceux qui les exercent doivent respecter les croyances et les moeurs du peuple ».

Une réaction (in)volontairement dangereuse, qui selon les observateurs, pourrait porter atteinte au tourisme tunisien, vital pour le pays.

Ce n’est plus une question de minimiser le danger islamiste : il est là.

Ilana Ferhadian

Sources : L’Express, Le Parisien

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Etudiante en journalisme, se spécialisant dans les questions internationales. Intraitable, polémiste quand ça lui prend et d'une subjectivité monstrueuse.

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