Votons comme les Anglais, les Mexicains et les Irlandais ?

Et si on votait comme les Mexicains ou les Irlandais ? Les résultats seraient-ils différents ? A chaque pays son mode de scrutin. VoteAuPluriel.org a tenté l’expérience et vous allez le constater : les scores finaux peuvent être complètement différents ….

A chaque pays, son mode de scrutin. Et des résultats qui lui sont propres. L’étude menée sur voteaupluriel.org veut décrypter l’impact des modes de scrutin choisi dans une nation donnée sur les partis, les électeurs et sur les résultats eux-mêmes. C’est là tout l’enjeu de l’étude menée par la Toulouse School of Economics, l’Ecole polytechnique et l’Université de Montréal. Sur le site,  les internautes et les curieux en tout genre, peuvent ainsi voter à la présidentielle avec le mode de scrutin alternatif utilisé en Irlande et en Australie, ou celui uninominal à un tour, utilisé au Mexique ou chez nos amis britanniques. Les résultats doivent être publiés après le 6 mai. Avant d’aller plus loin, petit point d’explication :

  • Le scrutin à vote alternatif  ou « préférentiel » (ex : Australie ou Irlande) donne aux électeurs beaucoup plus de variété dans leur choix que l’élection telle que nous la connaissons en France, au moment d’exprimer leur choix sur le bulletin de vote. Au lieu de simplement indiquer leur candidat préféré, les lecteurs votant lors d’un scrutin à vote préférentiel rangent les candidats par ordre de préférence en marquant « 1 » pour leur premier choix, « 2 » pour leur deuxième choix, « 3 » pour leur troisième choix, et ainsi de suite. Le système permet ainsi aux électeurs d’exprimer leurs préférences envers l’un ou l’autre candidat plutôt que d’indiquer un seul choix. Pour cette raison, dans les pays qui l’emploient, on y réfère souvent comme étant « le vote préférentiel ».
  • Dans le scrutin uninominal à un tour (ex : en Grande-Bretagne ou Méxique), celui qui obtient le plus de voix emporte le siège. Cela a l’avantage d’une grande simplicité. Au plan global, il résulte souvent pour le parti arrivé en deuxième position une sous-représentation par rapport à son total de voix. Quant aux autres partis, ils n’obtiennent presque aucun élu.

Autre mode de scrutin mis en avant : le vote par approbation, qui n’est utilisé par aucun pays. Chaque électeur constitue une liste de tous les candidats qu’il accepte de voir élus. Le candidat qui recueille le plus grand nombre de voix est élu. Ce système est équivalent pour l’électeur à ranger l’ensemble des candidats en deux groupes. Sur Carré d’info, on explique ainsi : « L’électeur répond par oui ou par non à chaque candidat, il peut ainsi en approuver autant qu’il le souhaite : un, deux, trois ou tous. Le candidat élu est celui qui reçoit le plus d’approbations« . C’est simple, net et précis.

Rassurez-vous : peu de chance pour autant que le mode de scrutin à la française, uninominal à deux tours, change d’ici l’élection du mois de mai. Mais qui sait, peut-être qu’en 2047  ? En tout cas, les études précédentes auront au moins permis de révéler qu’avec un autre mode de scrutin, la France n’aurait jamais connu de 21 avril 2002. C’est dit.

Jordan Allouche

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