La droite est-elle crédible sur les questions de sécurité ?

Alors que l’UMP, accuse la gauche française d’un certain laxisme à l’égard des questions touchant au domaine de la sécurité et de la répression, d’autres n’hésitent pas à pointer du doigt le bilan sécuritaire de la droite, le décrivant comme « peu glorieux ». Mais qu’en-est-t’-il réellement ?

Une sévérité accrue du droit pénal par alibi 

Comme le rappelle le journaliste Eric Zemmour, « la droite a une réaction de schizophrénie » à l’égard de ces enjeux. En effet, ses discours musclés quant à la délinquance ou la récidive dissimulent en un sens une acceptation tacite de la situation actuelle au profit du bien-être budgétaire. Le mandat de Nicolas Sarkozy fut certes à l’origine d’une sévérité pénale assumée/ accrue (loi LOPPSI ; « peines-planchers », aggravation des peines de récidive), mais cet arsenal judiciaire ne pourrait être que la façade d’une forme d’incompétence ?

Une démocratisation du code de procédure pénale

En effet, depuis quinze ans que la droite habite la fonction présidentielle, le code de procédure pénale n’a cessé d’être « démocratisé » (sa dernière illustration étant la réforme de la garde à vue), rendant le travail des forces de police et l’incarcération de délinquants plus difficile.

Des comptes publics appauvris 

Mais le point d’orgue de cette schizophrénie se retrouve dans les comptes publics. La montée de l’insécurité en France implique logiquement une augmentation des places carcérales disponibles. Or la France ne compte que 60.000 places de prisons, contre plus de 80.000 pour l’Allemagne et le Royaume-uni. La surpopulation carcérale couplée aux faiblesses budgétaires ont poussé la droite, dans les faits, à abandonner sa politique « sécuritaire » initiale sensée assumer les carences de notre système pénitentiaire.

Une surpopulation carcérale 

Ces 20.000 places manquantes ont incité l’UMP à adopter des lois emplies finalement de laxisme, pour éviter au maximum un engorgement des prisons. La loi Perben (du nom de l’ancien ministre de la Justice de Jacques Chirac) de 2004 et une autre loi de 2009, elle issue d’une initiative du gouvernement Fillon, ont fait de l’emprisonnement l’exception pour les peines dites mineures, débouchant sur des remises en libertés néfastes pour le bien-être sociétal.

Un rapport Ciotti à contre-courant

Ce lapidaire constat s’appuie aussi sur des attitudes excessivement tolérantes des juges des libertés et de la détention. Le récent rapport du député UMP Eric Ciotti (en charge des questions de sécurité pour le parti), remis en fin de mandature, proposait l’affectation d’anciennes casernes militaires à la création d’un important nombre de places de prison. Prémice d’un revirement identitaire d’une droite radicalisée ? Quoi qu’il en soit, dans un pays où les questions budgétaires priment sur la sécurité des administrés et où le fondement politique d’un parti n’est exploité qu’à des fins électoralistes, il ne serait pas de trop, de s’interroger sur la réelle morale de nos gouvernants.

Nathan Cahn

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky
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3 réponses à “La droite est-elle crédible sur les questions de sécurité ?” Subscribe

  1. Pierre-André Fontaine 31 mai 2012 à 23 h 36 min #

    Oui, la Droite est plus crédible que la Gauche, d’une part parce qu’elle doit composé avec l’ensemble de la gauche et donc ils se sentent obligé pour contenter leurs électorats par alliance en promettant des politiques contraire à ce que proposait la droite tout simplement pour plaire et convaincre que le PS et le meilleur des choix pour gagner, même E Valls à mit de l’eau dans son vin, c’est du clientélisme, il faut plaire aux jeunes, aux ultras gauche, aux associations, problème de diversité d’opinion …

    Leurs solutions ont toujours été désastreuses, c’est un sujet sur lequel le PS a toujours peiné,

  2. Pierre-André Fontaine 31 mai 2012 à 23 h 55 min #

    La gauche souffre de sa stratégie pour convaincre sa clientèle, à force d’excuser les acteurs de fait divers, en créant comme responsable de ses maux la société trop rigide, trop injuste, les responsables se sont riches, que c’est à cause de l’inégalité des chances … Ils déresponsabilisent les citoyens, excusent l’acteur des faits au lieu de démontrer que rien ne peut excuser les incivilités et les délits.
    ils s’interdisent de débattre du sujet et même d’en parler.
    Ils encouragent les comportements déviants, ils suppriment ainsi les notions de respect, de morale, de devoir. Pourtant sans devoirs il n’existe plus de droit …

  3. Pierre-André Fontaine 1 juin 2012 à 0 h 13 min #

    sans devoirs il n’existe plus de droit, la Liberté s’arrête là ou commence celle des autres, de là on obtient l’égalité, c’est à partir de cette égalité que peu naître la fraternité . . .
    Nos droits sont les fruits de nos devoirs, les devoirs sont le prix de la liberté … on se trompe en croyant qu’une société permissive et laxiste est un solution à nos banlieues sans l’obligation des devoirs …

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