Sexe, Internet et Politique : un mélange explosif ?

 

À l’heure où les politiciens des pays du monde libre se font un sang d’encre en raison des révélations apportées par Edward Snowden quant aux pratiques de leurs agences de renseignement, la question centrale du numérique, et surtout de l’internet, est à nouveau au goût du jour. Mais alors que certains préfèrent se focaliser sur les actions purement liées à la géopolitique, les internautes ont tendance à oublier qu’internet a un pouvoir moral bien plus fort, et en particulier sur le dossier à la fois savoureux ET épineux du sexe.

Même si la France reste plus ou moins épargnée par ces affaires retentissantes (on se souviendra juste pour le devoir de mémoire du fameux tweet d’Eric Besson « Quand je rentre, je me couche. Avec toi ? », les États-Unis restent un haut-lieu privilégié de ce genre de gaffes. On se rappelle notamment en 2011 du cas d’Anthony Weiner, figure montante du parti démocrate américain, qui avait dû renier ses ambitions politiques après le buzz engendré par une photo involontairement postée sur son compte Twitter, montrant son caleçon ainsi que ses formes plutôt robustes. L’idylle du parti avait dû s’excuser publiquement après cet accident et faire un mea culpa presque catéchiste en avouant qu’il  avait « échangé des messages et photos explicites avec environ six femmes ». Christopher Lee, député républicain (en plus !) a été lui aussi victime de la connivence entre la morale sexuelle et le tout numérique la même année, devant démissionner de son poste de député après une photo de son torse nu, publiée sur le site internet Craig List.

Ces affaires, plutôt anodines et légères pour le citoyen lambda, sont pourtant révélatrices d’une certaine montée du conservatisme à l’encontre des mœurs, depuis l’apparition de la puissance d’internet. Auparavant, le « sexus politicus » et les coucheries en tous genres étaient acceptées, voir même ignorées par la populace, désireuse de reléguer ces faits insignifiants dans l’ordre de la vie privée, même émanant d’une personnalité publique. Les coucheries de Jacques Chirac et de François Mitterrand, plus ou moins connues du grand public, n’ont jamais intéressées, si ce n’est amusées la population française, friand de ce genre de ragots. Et même si la population américaine est reconnue pour son puritanisme poussé à l’encontre de ces sujets (on se souvient par exemple de l’affaire Lewinsky et Bill Clinton en 1998), la multiplication de ces « découvertes » pourraient inévitablement mettre à mal la cohésion politique nationale du pays.

Une surveillance déguisée

Cette transparence revendiquée par les libéraux d’internet aurait donc des effets pervers quant aux libertés individuelles accordées aux personnalités publiques, ainsi qu’à la cohérence d’un échiquier politique, en permanence fragilisé, en raison des possibles scandales pouvant éclater à tout moment. Même si les politiciens ont un devoir de discrétion, internet manipule et optimise ces buzz à retardement, une véritable « machine à scandales » pouvant assouvir des destructions en masses de carrières, dont certaines étaient pourtant louables et sincères. L’affaire DSK (dont la première fuite a d’ailleurs émané de Twitter) est l’archétype même de ce phénomène, en pleine importation dans l’Hexagone. L’importance de la toute puissance d’Internet dans le monde ne mettrait donc pas la France à l’abri de cette situation presque racoleuse. Les ancêtres du Palais Bourbon doivent se retourner dans leur tombe en imaginant un futur où une « affaire Bokassa » serait remplacée par un scandale glauque de fellation rémunérée au Bois de Boulogne. Et même si le journalisme français reste pour l’instant épargné par cet appauvrissement intellectuel, rien ne nous garantit d’une modification des mœurs dans les années à venir …

Nathan Cahn

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Une réponse à “Sexe, Internet et Politique : un mélange explosif ?” Subscribe

  1. ballo souleymane 12 août 2015 at 22 h 24 min #

    salut les gendarmeri contre sourds

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