Toulouse : bienvenue au cirque de la surenchère

Cirque Cirque

Suspension de la campagne après la fusillade de Toulouse : hommage aux victimes ou intérêts politiques camouflés ?

Lundi matin un motard commet un quadruple meurtre devant une école confessionnelle. En lien avec le meurtre de militaires la semaine passée ? Peut-être. Un fou ? Probablement. Un drame pour la France ? Sans aucun doute. Sur Twitter, sur la blogosphère, aux matinales toute la classe politique témoigne de son émotion. Geste normal et apprécié, les conséquences sur la campagne auraient pu s’arrêter là.

Mais voilà qu’un cirque d’hypocrisie s’installe dans la présidentielle, chaque candidat y allant de sa surenchère. Nicolas Sarkozy annule ses rendez-vous du jour, François Hollande après réflexion annule son émission sur Canal et Marine Le Pen un peu plus tard annule son débat prévu avec Joly et Montebourg sur France 2. La course à la présidentielle devient une course aux condoléances.

Puis vient le défilé funeste à Toulouse, Nicolas Sarkozy, François Hollande, François Bayrou se succèdent sur les lieux du crime. Mais ce n’est pas fini, il faut encore en rajouter : François Hollande annonce sa venue à l’enterrement des militaires de Montauban, Nicolas Sarkozy s’empresse d’improviser un « discours au collégien ». Bravo, belle parade, on attend la suite, François Hollande s’engageant dans la brigade chargée du crime ? Nicolas Sarkozy ouvrant le cortège funèbre des trois collégiens ? François Bayrou devenant rabbin pour la cérémonie à la synagogue ?

Mais restons sérieux. La campagne suspendue, le débat d’idée l’est aussi. Franchement toute cette agitation est elle nécessaire ? Un hommage aux victimes adressé lors des émissions politique n’aurait-il pas été plus noble qu’un silence hypocrite ? Jean Luc Mélenchon n’aurait-il pas raison quand il avoue que « continuer la campagne c’est un acte de résistance moral, intellectuel et affective » ? Oui car ce triste événement n’est au fond rien d’autre qu’un fait divers. Par fait divers j’entends qu’il n’y pas derrière de problématique sociétale particulière qui pourrait expliquer la récupération de l’affaire dans le débat politique.

Au fond cette surenchère des politiques sur cet événement triste mais d’un vide politique abyssal n’est rien d’autre que le reflet d’une campagne où l’absence de débat de fond est palpable, où les grandes idées font place aux petites phrases.

Cette fusillade tombe au moment opportun et les raisons des candidats de choisir la suspension de la campagne plutôt que de la continuer n’a pas grand chose à voir avec l’ampleur de la tragédie. Elle est un moyen pour Nicolas Sarkozy de prendre la hauteur dont il manque, enfilant le costume de grand homme d’Etat déclenchant le plan « Vigipirate écarlate » (du jamais vu). Elle ne déplait pas non plus à François Hollande dont la temporisation gèle le croisement des courbes en sa défaveur dans les sondages. Quant aux autres, Marine Le Pen et François Bayrou, l’alignement sur les deux favoris du scrutin les positionne dans la cour des grands, eux qui croient encore à une qualification pour le deuxième tour.

Bref pour le coup un petit « circulez y’à rien à voir » n’aurait fait de mal ni au débat politique ni aux familles des victimes.

Romain Halbfisch

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Quand un athlète Alsacien, perdu dans la brousse Sud Africaine pour cause de troisième année de science po se met à divaguer sur la politique!

Une réponse à “Toulouse : bienvenue au cirque de la surenchère” Subscribe

  1. Caroline 21 mars 2012 at 17 h 03 min #

    La trêve dans les campagnes c’était juste le temps de savoir si on pouvait réutiliser l’évènement contre le FN ou contre les musulmans voila tout. Plus sérieusement commenter les faits pourquoi pas, arrêter sa campagne deux jours à la limite mais faire un défilé dans les médias à propos de l’évènement… (Et le CSA qui a décidé de ne pas le compter dans le temps de parole…)

Laisser un commentaire