Vers la fin du tribalisme

C’est avec effroi que les français ont découvert, à l’occasion de la mort de Stéphane Hessel, l’intolérance politique du Crif, l’organe institutionnel représentatif de la communauté juive française. Surfant avec l’accusation d’un antisémitisme venant tout droit d’une dénonciation effrénée de la politique israélienne, cet organe communautaire a choqué jusque dans ses rangs.

Mais comment avons-nous pu nous en retrouver là ? Comment un pays laïque qui érige l’assimilation et l’idéal républicain dans son ADN a-t-il pu engendrer au son sein de tels comportements ? L’exaltation des origines et le manque chronique de patriotisme en sont les métastases les plus affirmées. Ces valorisations ethniques depuis le début des années 80, en particulier depuis l’arrivée des associations de défense des minorités et des différents « devoirs de mémoire », en entrainé inévitablement dans leurs sillages des relents religieux que notre pays avait pourtant cru voir disparaitre à jamais.

C’est en particulier l’institutionnalisation presque administrative des communautés religieuses françaises, qui doit être remise en question. Dans un pays où la seule communauté reconnue devrait être la communauté nationale, il parait scandaleux de s’alarmer d’une situation que les politiques eux-mêmes ont engendré. Le Crif, le Cran, L’Uoif, le Cfcm … Ces organes communautaires, aux tendances politiques définies, ont un certain nombre de responsabilités dans la «ghettoïsation» de notre société.

La mise en place de vendettas médiatiques reste au centre des préoccupations. La dénonciation des «traitres à la cause» est devenue, en quelques années, une pratique courante parmi les ténors de ces organisations, voire même de la masse de ses adhérents. Du côté de la communauté juive française, Stéphane Hessel est loin d’être un cas particulier. Le journaliste de France 2 Charles Enderlin, en passant par la militante pro-palestinienne Olivia Zemor, ou encore du médecin Rony Brauman, ainsi que les écrivains Edgar Morin, Jacob Cohen, Alain Gresh ou Dominique Vidal, sont des exemples marquants. Tous sont montrés du doigt en raison de leur attachement à la cause palestinienne.

La communauté musulmane est également particulièrement concernée par cette attitude nauséabonde. Les menaces de morts adressées à l’imam républicain Hassem Chalgoumi sont mêmes devenues un phénomène de masse sur les réseaux sociaux. L’attachement de ce religieux à la tolérance laïque et au vivre-ensemble ont été la source d’une colère sans nom d’une partie de cette communauté. Le journaliste Mohammed Sifaoui, la politicienne Jeannette Bougrab ou l’humoriste Sofia Aram, ont également été les cibles d’une frange conséquente de cette communauté, dont la dénonciation de l’emprise du religieux (et donc de l’islam) sur les consciences est une faute grave.

Cette analyse pourrait également être reportée au sein de certaines associations chrétiennes (tel Civitas), dont les récentes prières de rue et l’omerta médiatique des prêtres favorables au mariage des curés, ont récemment été dénoncées.

C’est donc pour cela que l’avenir de la république dépendra également de l’adhésion aux thèses de Voltaire des franges radicales de ces minorités.

Nathan Cahn

 

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky

Une réponse à “Vers la fin du tribalisme” Subscribe

  1. lara 28 février 2013 at 17 h 43 min #

    Ce que tu dis dans ton article est juste et certaines réactions qui ont fait suite à la mort de Stéphane Hessel sont déplorables.
    Tu te demandes comment a-t-on pu en arriver là ?
    Ce n’est pas parce qu’on érige au rang de super-valeur l’assimilation que tout le monde y adhère. Selon moi, on a peut-être trop voulu nier les particularismes. Etre fier de ses origines et les revendiquer n’est pas une mauvaise chose si ces revendications n’ont pas pour corollaire la haine de la France.
    A trop vouloir nier les différences, à prétendre que les minorités n’existent pas on arrive, je pense, à ce genre de réactions anti-patriotiques.

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