Valérie Trierweiler sème la discorde sur Twitter

Tweeter, follower, hashtag : Internet semble être un monde parallèle, un autre univers. Mais détrompez-vous, c’est bien le moyen de communication du monde moderne, bien réel. Et certains semblent ne pas comprendre que les deux sont étroitement liés, et qu’ils ont des conséquences l’un sur l’autre. La première à en faire les frais, en ces heures d’alternance, est bien sûr Valérie Trierweiler.

C’est un tweet malheureux, sans doute déplacé, qui a propulsé la « Première dame de France » sur le devant de la scène. Alors que Carla Bruni, Bernadette Chirac et les autres restaient en coulisses (sans être forcément moins actives), celle qui veut révolutionner l’image de « Femme de… » a eu l’ingénieuse idée de s’immiscer dans les affaires du pays, non sans créer malaise, stupéfaction ou gêne. En période d’élections législatives, la prudence est de mise. Surtout quand l’opposition devient majorité, et que le ressenti public de ses décisions reposent sur un électorat de plus en plus connecté et au courant des affaires publiques.

Posons les faits : dans la 1ère circonscription de Charente-Maritime, quatorze candidats… Mais deux de gauche. Disons plutôt : un du PS, et un dissident qui jouerait les trublions. Ségolène Royal (PS), parachutée à La Rochelle, dans une région dont elle est la présidente depuis 2004, et Olivier Falorni, un homme local, (re)connu par les habitants. Au premier tour des législatives, l’ex-compagne de l’actuel président arrive en tête avec 32,03% des voix, et son challenger et ex-allié la suit de près, avec 28,91%. Sally Chadjaa (UMP), avec 19,47%, ne se qualifiera pas pour le second tour. On se retrouve alors avec une guerre fratricide entre deux candidats de gauche pour un seul siège. Mais revenons à notre propos. Alors que Ségolène Royal est soutenue par son parti, Valérie Trierweiler, avec 140 caractères, trouve le moyen de semer la discorde dans un parti qui a mis 10 ans à s’unir. En effet, dans un tweet, elle annonce de façon presque explicite son soutien à Olivier Falorni. Mais cela ne pouvait pas plus mal tomber, et pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, et pardonnez l’expression, voilà du pain béni pour le candidat local de l’UMP, qui trouve l’occasion de gêner Ségolène Royal, qui n’a pas caché son ambition de prendre le Perchoir de l’Assemblée nationale. Ensuite, pensons à ce pauvre François Hollande, qui doit en privé faire le choix de soutenir son actuelle compagne ou défendre la mère de ses enfants. Il a finalement/ courageusement opté pour… le silence. Enfin, et ce n’est pas la moindre des conséquences, évoquons les problèmes que cela pose au Parti socialiste, qui voit là un risque de faille dans la chaine de solidarité si difficilement assemblée.

Les réactions politiques ou citoyennes n’ont pas tardé. Jean-Marc Ayrault demande à la Première Dame de conserver un « rôle discret ». « Je veux bien comprendre que les débuts sont toujours un peu compliqués, mais chacun doit être à sa place » renchérit-il. Marine Le Pen utilise des propos plus directs : « cette élection législative est prise en otage par les histoires de slips de la présidence et les scènes de ménage  » […]. »Je pense qu’elle est peut-être la Première dame, mais qu’elle n’est pas une grande dame. J’ai trouvé cela pitoyable. Très rapidement, nous allons subir le sarkozysme de gauche ». Eric Ciotti, le « Monsieur sécurité » de l’UMP,  a dénoncé un tweet « ridicule » et « ubuesque ». Ségolène Royal, elle, après un long silence, s’est dit « meurtrie » par ce soutien. On le serait à moins.

Enfin, 69% des Français, selon un sondage Harris Interactive pour le magazine people Gala désapprouvent la prise de position de la Première dame. Force est de constater que personne, ou presque, ne la soutient dans sa méthode. On ne peut en effet qu’être étonnés d’une telle position. L’intéressée se défend, disant que son compte aurait sans doute été piraté (concernant d’autres tweets). Mais les électeurs ne sont pas dupes. Valérie Trierweiler a cherché à se mettre sous le feu des projecteurs comme spécialiste politique et elle a finalement réussi à devenir gênante.

La tâche de Première dame doit, certes, évoluer, de façon à éviter que le seul rôle dont celle-ci dispose soit celui de représentation. Mais a-t-on réellement besoin d’un changement aussi brusque ? Et doit-on imposer aux compagnes et compagnons des élus un devoir de réserve quant aux enjeux politiques du pays ? Valérie Trierweiler n’a pas seulement réussi à changer sa vocation, elle a réussi à nous y faire réfléchir. Mais si elle continue à créer de faux scandales, on en viendra presque à regretter Carla !

CGD

PS : Ségolène Royal, conformément aux sondages et aux prévisions, a bien perdu les élections législatives dans sa circonscription en ne rassemblant que 37,03% des voix.

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Etudiant. Ne pratique pas la langue de bois, et n’aime pas qu’on la pratique. Passionné de politique, aime en étudier la face cachée. Sans concession et en toute objectivité.

Rétroliens

  1. PSA licencie en masse !! | Politique .com - 15 juillet 2012

    […] François Hollande n’a jamais dû affronter une seule tempête. Le seul séisme fut l’affaire du tweet de Valérie Trierweiler mais celui-ci fut provoqué par la Première Dame, et donc par le couple politique français. Cette […]

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