Soirée ambiancée à l’UMP

L’élection du président de l’UMP est ce matin toujours en cours. Alors qu’hier soir, tout un chacun s’attendait à voir sortir de l’urne le nom d’un des candidats, les évènements de la nuit ont trompé les foules. Pour le prix d’un, l’UMP vous offre deux présidents.

Quelle soirée haute en émotions et en théâtralité! Pour le premier parti d’opposition de France, l’exercice de démocratie interne tant plébiscité est un échec. La compétition des hommes a supplanté l’unité idéologique aux grand damne des cadors, Alain Juppé en tête et des militants. Mais que s’est-il vraiment passé?

Une soirée mouvementée 

Les bureaux de vote fermaient leurs portes aux alentours de 18h. Nous avions pu apercevoir tout au long de la journée, Jean-François Copé et François Fillon qui péroraient chacun de leur côté. Le premier dans son fief de Meaux, le second après un rapide passage dans la Sarthe avait achevé sa tournée de mobilisation, par son propre vote dans le 7e arrondissement de Paris. Le premier secrétaire du parti avaient ensuite planté sa tente au 238 boulevard de Vaugirard pour attendre les résultats. L’ancien premier ministre quant à lui s’était retranché dans sa circonscription avec ses fidèles.

Mais à l’heure où les résultats auraient dû commencer à tomber crescendo, l’annonce de fraudes à répétitions entache l’élection. Des soupçons de tricheries s’envolent depuis plusieurs des grandes circonscriptions de droite, dans l’Oise, dans les Alpes Maritimes notamment. Des rumeurs partent même de Neuilly. A Nice encore, dans le fief de Christian Estrosi (directeur de campagne de F. Fillon) on dénonce un bourrage d’urne en faveur de François Fillon. Les journalistes des diverses chaînes d’infos en continu s’ébrouent, et les politiques de chaque bord défilent sur les plateaux pour tenter d’éteindre le feu. Ils parlent alors aux militants, Rachida Dati, puis Luc Chatel (soutien de JF Copé) sur BFM TV, remercient à tour de bras ces militants mobilisés en nombre qui ont fait de cette élection pour la présidence du parti un vrai succès. Mais que découvre t’on rapidement ? Que si le camp Fillon, se terre voire s’enterre, du côté de Copé on annonce déjà une avance de 3000 bulletins en faveur du maire de Meaux.

La prise de l’UMP

Le silence d’un côté, le sourire de l’autre. Mais à droite, la reconquête du terrain est une chasse à laquelle on n’oublie rarement de prendre part. Sitôt que la Team Copé apparaît grand sourire de partout, Fillon lâche les hyènes. Michel Debré, Patrick Ollier, Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse sont sur les starting-blocks. Et que répondent-ils? Qu’ils sont bien entendu en tête. Que 300 bulletins leur seraient favorables, et qu’ils auraient pris la tête du scrutin. Et l’on n’entend bien sur plus qu’eux.

C’est à qui chantera le plus fort. Mais surtout il n’y a plus de temps à perdre pour les champions, il faut parler vite et le premier. Alors que l’on aperçoit finalement François Fillon se diriger vers son quartier général, Jean-François Copé prend la parole dans la salle de presse du quartier général de l’UMP. A 23h30, il revendique la victoire avec «1000 voix d’avances». Coupant l’herbe sous le pieds au camp adverse, il s’exprime pendant une dizaine de minutes, et prend le temps de remercier les militants, ses soutiens, et bien entendu de faire un clin d’oeil à Nicolas Sarkozy. François Fillon s’exprimera lui, quelques instants plus tard, pour affirmer que les résultats le donnent en tête: « ils me donnent une courte victoire de 220 voix.» Mais à la manière d’un Bonaparte qui ne recule devant aucunes armes, Jean-François Copé semble avoir pris le parti. Car dans la rue et aux alentours, c’est bien le nom de l’ancien premier secrétaire que les foules scandent avec passion.

Et au milieu de tout cela, ni l’un, ni l’autre n’a pris la peine d’appeler son adversaire. Les chiffres officiels ne sont pas tombés puisque chaque camp a fait appel pour bon nombre de résultats. La réponse est donc entre les mains d’un organe fantôme du parti, la COCOE, ou Commission de contrôle des opérations électorales de l’UMP. Elle est la seule à même de trancher qui de Copé ou Fillon pourra être élu en toute légalité président de l’Union pour un Mouvement Populaire.

Un article à retrouver sur Le Tatou.com

Marianne Ferrand.

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky

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