UMP : une histoire populaire

L’UMP baigne ces temps-ci dans une tragique atmosphère. Le mouvement qui fêtait ses dix ans d’existence cette année, semble aujourd’hui n’être plus que « l’ombre de lui-même ». Les situations se tendent, les passions s’exacerbent et le présent a un goût amer pour beaucoup, pour survivre il ne serait donc plus question que de souvenirs ? L’UMP de 2012 n’est plus celle que l’on connaissait, qui possédait cette vertu cardinale en politique : celle du parfum de la victoire.

L’heure du rassemblement

L’Union pour un mouvement populaire naît le 23 avril 2002 dans des circonstances particulières. Au lendemain du premier tour des élections présidentielles, Jacques Chirac, candidat à sa propre succession, se retrouve opposé au leader du Front National, Jean-Marie Le Pen. Coup de théâtre politique, coup de massue pour la société française. La droite choisit de répondre à ce terrible tremblement en rassemblant toutes les familles politiques de la droite et du centre. Pour soutenir la ré-élection de Jacques Chirac, l’Union pour la majorité présidentielle voit le jour. Alain Juppé voulait que le parti prenne le nom de «Maison bleue», d’autres d’«Union populaire». Ces tergiversations accouchèrent de l’actuelle «Union pour un mouvement populaire».

Alain Juppé, le «meilleur d’entre nous», fut élu à la tête de l’UMP. Refusant un poste au gouvernement, il choisit de garder entre ses mains l’appareil. Car la présidence du parti confère une certaine légitimité à l’homme qui occupe la fonction. Un Jacques Chirac en fin de course faisait ainsi de son fils préféré un héritier assumé. La tactique ne date donc pas d’hier. L’homme qui prend le parti, prend les hommes et donc les armes. Et à cinq ans des élections présidentielles, il ne s’agit guère de traîner des pieds.

Une tornade qui s’achève en tourbillon

Dans l’ombre pourtant, un homme cherche la faille, guette la chute. Il s’appelle Nicolas Sarkozy. Cet ancien ministre (économie, budget, intérieur, communication), maire de Neuilly pendant vingt ans, croit en son destin. Heureux hasard, en juillet 2004, Alain Juppé démissionne de son poste de président de l’UMP. Condamné dans l’affaire des emplois fictifs du RPR, il laisse le champ libre au vieil ennemi. Jacques Chirac, lui même, se méfie de cet « ancien traître », de ce balladurien ; il connaît tant son goût pour le pouvoir que son talent de manoeuvrier. Mais, las, il laisse faire. Un Nicolas Sarkozy triomphant est ainsi plébiscité au congrès du Bourget. Il quitte alors la place Beauvau pour se consacrer à un autre combat. Le 28 novembre 2004, il entame sa marche pour la Présidence de la République.

Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy ne s’exprime plus en public et porte une barbe de trois jours. Aujourd’hui, l’UMP se cherche, s’égare et se meurt peut-être. Après une quinzaine passée à se chamailler, les ténors de l’opposition continuent de chicaner. François Fillon et Jean-François Copé ne possèdent ni l’un, ni l’autre la légitimité d’un Juppé ou le charisme audacieux d’un Sarkozy. L’UMP dans la défaite aurait-elle perdu de sa superbe ? Que celui qui le souhaite juge. Pour l’heure, je n’ai qu’une hâte : connaître à nouveau la saveur de cette aventure politique, folle de ses tourments, dans dix ans.

Marianne Ferrand

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Etudiant Parisien en droit et en journalisme. Partial mais juste La vingtaine Elève de l'ESJ Paris et de la Sorbonne Paris I (L2 Droit) Armé d'ambitions Aime le Whisky

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