UMP : primaire ouverte à Paris

Ca y est, c’est décidé, l’UMP saute le pas. Le parti de l’opposition aura lui aussi sa primaire ouverte. Ouverte à qui ? Aux parisiens. Pourquoi ? En vue des élections municipales de 2014. Ce sera quand ? En avril et mai prochain. Et combien il y aura de candidats ? Beaucoup.

Va-t-on assister au même couac que l’automne dernier à l’UMP ? Jean-François Copé et François Fillon s’étaient déchirés pendant des semaines pour la présidence du parti, scindant l’UMP en deux. D’un côté les fillonistes, de l’autre, les proches du maire de Meaux. Quelques mois plus tard, le parti de l’opposition a l’occasion de remettre ça sur la table. Comment ? Par l’organisation d’un primaire ouverte en vue des élections municipales à Paris en 2014. Les candidats, et ils seraient nombreux, doivent se déclarer avant la fin du mois, pour croiser le fer en avril et mai prochain. Attention à un nouvel incident…

C’est officiel.  Le patron de l’UMP à Paris, Philippe Goujon,  annonce,dimanche 10 février 2013 dans le JDD, que la primaire ouverte à « tous les Parisiens » pour trouver un leader à droite aux municipales de 2014 devrait se dérouler « entre la mi-avril et la mi-mai », sous forme de vote électronique et avec une demande de 2 euros à chaque électeur. « Le bureau de la fédération UMP de Paris, réuni vendredi soir, a décidé à l’unanimité d’organiser très rapidement des primaires ouvertes à Paris. Ce sera un vote électronique ultrasécurisé ouvert à tous les Parisiens inscrits sur les listes électorales de la capitale« , détaille M. Goujon.

C’est une grande première pour la droite en France. A l’instar de ce qui avait déjà été organisé au PS (1995, 2006 et surtout 2011, première primaire « ouverte »), l’UMP s’aligne sur le modèle du parti majoritaire, qui avait su faire de ces élections un succès populaire. Un souffle démocratique au moment où les socialistes renoncent à leur primaire, faute d’adversaire face à la première adjointe de Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo. La droite grince des dents et condamne celle « qui n’a jamais été élue sur son nom et a été désignée dans le bureau de M. (Bertrand) Delanoë ».

Au moins trois candidats

Si Anne Hidalgo, favorite des sondages, a un boulevard devant elle, la conjoncture est plus compliquée à droite. Déjà au moins deux candidats sont en lice, et pas des moindres : l’ancienne ministre Rachida Dati et le conseiller de Paris Pierre-Yves Bournazel ont d’ores et déjà annoncé qu’ils seraient candidats. Concernant l’ancienne garde des Sceaux, elle s’est déjà dite prête « à tout » en assurant que « rien ne pouvait (la) détruire ». Jean-Pierre Coffe a d’ailleurs dit à son sujet sur le plateau d’ « on n’est pas couché », même s’il n’est pas un expert en politique française, que c’était une « chieuse ». Ses adversaires politiques auront certainement bien du mal à s’en défaire.

Face aux deux candidats déjà déclarés, députée de l’Essonne et maire de Longjumeau, Nathalie  Kosciusko-Morizet, pourrait elle aussi se lancer dans la course. D’autant que c’est elle qui a le plus de chance de l’emporter : à droite, mais pas trop. A la fois « artisto et bobo », coincée mais branchée, Nathalie Kosciusko multiplie les bonnes cartes. D’autant qu’elle n’a pas, à l’inverse de Rachida Dati, été acteur du fiasco de l’automne dernier. Elle faisait partie des fameux « non-alignés ». Un atout de plus, puisqu’elle ne se verra pas mêlée à cet épisode douloureux.

En revanche, longtemps annoncé candidat,  François Fillon devrait annoncer qu’il ne le sera peut-être pas. Il se prépare en coulisse à l’élection présidentielle de 2017. Une nouvelle défaite à Paris sonnerait le glas pour l’ancien Premier ministre. Un risque, qu’il ne souhaiterait pas prendre.

« Les candidats devront se déclarer avant la fin février. Une procédure de  parrainages, tout en étant très souple, permettra d’éviter les candidatures fantaisistes« , explique aussi M. Goujon. Interrogé pour savoir s’il souhaite que l’UDI de Jean-Louis Borloo participe à la primaire, le patron de l’UMP parisienne répond: « Bien sûr, ainsi que toutes les composantes de la droite et du centre« .

La bataille à Paris, sera-t-elle l’occasion de mettre en exergue les égos de chacun ?

Jordan Allouche

 

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